– Seigneur, voilà que la première vendeuse se pâme !
– Vous croyez qu’elle est grosse ?
– Il se peut. Cela fait trois mois tout juste qu’elle a épousé Pierre Guichard, le second à la soie.
– Et ce Pierre-là serait le père ?
– Vous en doutez ?
– Ces dernières semaines, je l’ai souvent vue dans le bureau du sous-directeur.
– Voulez-vous dire qu’elle a… qu’avec Pierre Bourdoncle ?
– C’est indéniable.
– Ah ! Et donc le bébé…
– On peut le supposer. Que cela arrive aux oreilles du directeur, la pauvre fille ne resterait pas un jour de plus « Au Bonheur des Dames ».
– Et vous seriez alors immédiatement promue première vendeuse.
– À n’en point douter.
– Tout de même, oseriez-vous ?
– Certaines choses ne peuvent demeurer longtemps secrètes dans un Grand Magasin de nouveautés comme le nôtre. N’est-ce pas ?
– Oh taisez-vous, taisez-vous ! La voilà qui revient à elle.
