La pierre suinte, glisse sous ses ongles qui s’accrochent à la fragile mousse. Son pied trouve un appui miraculeux dans une échancrure. Nana reprend son souffle, évalue les derniers mètres à grimper. Surtout ne pas jeter un regard vers le bas. Le noir pourrait la happer. Elle frissonne, de froid, de peur. Les images de son cauchemar la hante : les cris fous de rage de son conjoint, les coups, encore et encore ; un long blanc, puis la nuit. La lune s’amuse sur la margelle du puits, redonne espoir à Nana. Elle y est presque. D’une chiquenaude, la main de son tortionnaire la renvoie au fond du trou.
L’odeur de dieu
Ce qui aurait dû être un joli matin de mai n’était que grisaille et froidure. La neige était subitement tombée hier en abondance, non pas aérienne, immaculée, mais souillée, polluée.…
