Disparu

Il s’est volatilisé dans un hurlement terrifiant. Le soleil printanier nous caressait de ses rayons paresseux et d’un coup, sans que la météo se mette au diapason, il était loin. Je tends le cou, scrute l’horizon, mes sens en éveil. Rien que de l’ordinaire. Au détour d’un bosquet, une longue striure de sang frais. Mes tripes se compactent. C’est lui ! Je cours, affolée : « PJ, t’es blessé ? PJ, où te caches-tu ? » La traînée se fait gouttes, éclaboussures d’un peintre staccato. Dans les ronces, je ne retrouve que sa tête, crête rouge vif, yeux ouverts sur le néant. PJ, mon coq est mort.

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La putain des disparus

Le traîneau glisse sans un souffle sur un voile cotonneux. À l’avant, si un équipage de quatre flamants opalins semble le tirer avec panache, aucune rêne ne les relie pourtant…

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La boîte du peintre

La bouche déversait un flot continu de grossièretés qui s’écoulaient sur le sol pour former une mélasse malodorante. Le peintre, genoux à terre, recevait cette boue verbeuse à pleines mains…

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L’odeur de dieu

Ce qui aurait dû être un joli matin de mai n’était que grisaille et froidure. La neige était subitement tombée hier en abondance, non pas aérienne, immaculée, mais souillée, polluée.…

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