Il s’est volatilisé dans un hurlement terrifiant. Le soleil printanier nous caressait de ses rayons paresseux et d’un coup, sans que la météo se mette au diapason, il était loin. Je tends le cou, scrute l’horizon, mes sens en éveil. Rien que de l’ordinaire. Au détour d’un bosquet, une longue striure de sang frais. Mes tripes se compactent. C’est lui ! Je cours, affolée : « PJ, t’es blessé ? PJ, où te caches-tu ? » La traînée se fait gouttes, éclaboussures d’un peintre staccato. Dans les ronces, je ne retrouve que sa tête, crête rouge vif, yeux ouverts sur le néant. PJ, mon coq est mort.
La putain des disparus
Le traîneau glisse sans un souffle sur un voile cotonneux. À l’avant, si un équipage de quatre flamants opalins semble le tirer avec panache, aucune rêne ne les relie pourtant…
