La pierre suinte, glisse sous ses ongles qui s’accrochent à la fragile mousse. Son pied trouve un appui miraculeux dans une échancrure. Nana reprend son souffle, évalue les derniers mètres à grimper. Surtout ne pas jeter un regard vers le bas. Le noir pourrait la happer. Elle frissonne, de froid, de peur. Les images de son cauchemar la hante : les cris fous de rage de son conjoint, les coups, encore et encore ; un long blanc, puis la nuit. La lune s’amuse sur la margelle du puits, redonne espoir à Nana. Elle y est presque. D’une chiquenaude, la main de son tortionnaire la renvoie au fond du trou.
La ferme du passé
Le soleil d’été avait déposé sa chape de plomb sur la Provence. Plus rien ne bougeait ni cils ni feuilles. L’heure sacrée de la sieste avait sonné et même les…
