La pierre suinte, glisse sous ses ongles qui s’accrochent à la fragile mousse. Son pied trouve un appui miraculeux dans une échancrure. Nana reprend son souffle, évalue les derniers mètres à grimper. Surtout ne pas jeter un regard vers le bas. Le noir pourrait la happer. Elle frissonne, de froid, de peur. Les images de son cauchemar la hante : les cris fous de rage de son conjoint, les coups, encore et encore ; un long blanc, puis la nuit. La lune s’amuse sur la margelle du puits, redonne espoir à Nana. Elle y est presque. D’une chiquenaude, la main de son tortionnaire la renvoie au fond du trou.
Le baiser des flammes
Marseille, fin mai 1720 Marie Dauplan avait l’habitude des matelots : dix ans qu’elle était lavandière sur le port de Marseille, autant d’années à laver les chemises des marins qu’à soulager…
