Quelques grains dans un sablier

Il a joué. Il a perdu. Mais ne le sait pas encore. Les dés, c’est surprenant parfois. On croit aux chimères qu’ils véhiculent, au soleil les jours de pluie, aux miracles les nuits d’ennui. Il rêve d’ailleurs, d’avant, quand sa vie était lisse. Pourquoi n’a-t-il pas fui à temps ? Il a joué et n’a plus que quelques minutes à vivre. Un sursis avant le grand saut.

Le pont étincelle dans la lumière incandescente. Mais cet embrasement ne l’atteint pas. Tout en lui est frayeur. Il se sent poupée de son, jambes en coton et bras mollassons. Ses pores suintent de cette excitation primaire. Un surcroît de transpiration sous son harnachement lui fait craindre une soudaine incontinence.

Il est prêt. Prêt à se jeter de ce viaduc sous les hourras des organisateurs. Lui, l’heureux gagnant du concours. Il retient sa respiration, s’élance et pousse un long hurlement qui se mue en un râle d’extase lorsque l’élastique claque dans l’azur.

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