Professeur Max Maximillian

Du haut du mont Al-Eakaial, le Professeur Max Maximillian, les mains dans les poches et un cigarillo au coin des lèvres, contemplait, tel Auguste son empire, le vaste champ de fouilles qui s’étalait au pied de la colline. Son équipe, composée en majorité de traîne-savate, avait creusé un puits d’accès à une nécropole souterraine, bric-à-braquement étayé par un chevalement. Elle était sur le point de percer le dernier mur qui séparait encore les vivants des morts et qui, selon les savants calculs de l’archéologue, promettait de mettre à jour de troublantes tablettes sumériennes érotiques et peut-être même, une série de sacrifices humains datant du paléolithique. Contrairement à certains de ses collègues, Max avait des goûts éclectiques et était capable d’embrasement, tant pour un vase antique qu’un primitif silex.

Aux mouvements désordonnés de sa fourmilière en contrebas et des cris hystériques qui sortaient des tréfonds de la terre, il estima que le moment fatidique de la découverte approchait suffisamment pour qu’il daigne descendre, lui aussi, au fond du puits.

À peine arrivé au cœur de l’action, qu’un violent tourment urinaire le fit remonter d’urgence à la surface. Bien lui en prit, car ce fut à cet instant exact qu’un berger évadé d’une scène pastorale, tel un taureau aveuglé, fondit avec son quad sur la structure de l’excavation qu’il fit s’écrouler dans force poussières pouacres.

On ne retrouva aucune antiquité dans les décombres, tout juste quelques dents cassées.

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