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	<title>violence &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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	<description>Courtes histoires à lire entre deux pauses</description>
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	<title>violence &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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		<title>Les vidéos de l’enfer</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/les-videos-de-lenfer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:28:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[— Tu me sembles épuisé. Ta journée ne t&#8217;a pas apporté toute la satisfaction espérée&#160;? — Tais-toi, j&#8217;ai pas envie d&#8217;en parler. — Je crois que si, bien au contraire. C&#8217;est non seulement la fatigue que je peux lire sur ton visage, mais aussi de la tristesse. Peut-être. Ou de la crainte, je n&#8217;arrive pas [&#8230;]]]></description>
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<p>— Tu me sembles épuisé. Ta journée ne t&rsquo;a pas apporté toute la satisfaction espérée&nbsp;?</p>



<p>— Tais-toi, j&rsquo;ai pas envie d&rsquo;en parler.</p>



<p>— Je crois que si, bien au contraire. C&rsquo;est non seulement la fatigue que je peux lire sur ton visage, mais aussi de la tristesse. Peut-être. Ou de la crainte, je n&rsquo;arrive pas toujours à décrypter tes expressions.</p>



<p>— De quoi j&rsquo;aurais peur, hein, crétin&nbsp;? Tout s&rsquo;est passé comme sur des roulettes. Merci. Et maintenant, dégage&nbsp;!</p>



<p>— Je sens bien que tu n&rsquo;es pas tranquille. C&rsquo;est la troisième bière que tu avales et vu le stock à tes pieds, ce n&rsquo;est pas la dernière.</p>



<p>— Peuh, tu vas pas me faire chier pour une bière, hein, connard&nbsp;?</p>



<p>— Ce qui me fait souci, c&rsquo;est la vodka juste à côté. Et ces pilules blanches, là.</p>



<p>— Simple précaution. Pour le cas où tu m&#8217;emmerderais, en fait. Donc, lâche-moi la grappe.</p>



<p>— Non, non, dans ces cas-là, il faut parler, extérioriser ses sentiments. Je ne t&rsquo;abandonnerai pas. Je suis ton meilleur ami, ne l&rsquo;oublie pas. Raconte-moi ce tournage. L&rsquo;actrice était belle&nbsp;?</p>



<p>— Bof, comme d&rsquo;hab. Tout en fard et artifices. À la fin, elles me dégoûtent. Toutes.</p>



<p>— Peut-être que l&rsquo;intrigue ne correspond pas à tes véritables désirs&nbsp;?</p>



<p>— Arrête de me baratiner&nbsp;! Tu me ressers toujours cette même rengaine. Le scénario est très bien. Je ne veux pas le modifier. C&rsquo;est un truc rodé. Je peux filmer sans l&rsquo;aide de personne et mes vidéos ont un certain succès.</p>



<p>— Oui, mais si c&rsquo;est pour être malheureux à chaque fois&nbsp;!</p>



<p>— Mais je suis HEU-REUX&nbsp;! Arrête, arrête, arrête&nbsp;!</p>



<p>— Très bien, je me tais. Désolé&nbsp;!</p>



<p>— &#8230;</p>



<p>— Mais si je puis me permettre, une simple petite variation pourrait changer ta vie. Et la mienne par la même occasion.</p>



<p>— Tu peux vraiment pas la boucler plus de deux secondes, hein&nbsp;?</p>



<p>— En fait, c&rsquo;est la fin qui pose problème. Tu l&rsquo;as dit toi-même. Tu pourrais donner une autre issue à ton histoire, ne penses-tu pas&nbsp;?</p>



<p>— Non. Et non. C&rsquo;est la chute qui pimente le tout&nbsp;! Tu comprends vraiment rien à rien, toi&nbsp;! Filmer un mec — moi — baiser une nana, n&rsquo;a rien d&rsquo;excitant. Le public attend autre chose&nbsp;!</p>



<p>— Mhmm, note que l&rsquo;approche de la fille sort déjà assez de l’ordinaire. Tu la plaques contre un mur, l&#8217;empêches de crier, lui soulèves les jupes et la prends avec violence. J&rsquo;aurais mon mot à dire là-dessus aussi, mais chaque chose en son temps. Parlons de cette chute, si tu veux bien.</p>



<p>— Mais non, je veux pas&nbsp;! Je veux pas, je veux pas&nbsp;! C&rsquo;est toi qui insistes sans arrêt. T&rsquo;es un stupide disque rayé, mec&nbsp;!</p>



<p>— Ne nous égarons pas. Tu prétends que le public attend autre chose qu&rsquo;une banale scène de sexe, c&rsquo;est bien ça&nbsp;?</p>



<p>— Ben ouais, quoi. Tu crois que les types qui m&rsquo;achètent mes vidéos s&rsquo;intéresseraient à des trucs soft. Non, mais tu rêves&nbsp;! Ils veulent du hard, du X dans toute sa splendeur.</p>



<p>— Mon ami, as-tu déjà pensé à te reconvertir&nbsp;? Travailler avec de vraies actrices, pas des filles que tu rafles dans la rue. Leur faire tourner de belles histoires, des&#8230;</p>



<p>— Ha ha ha&nbsp;! T&rsquo;es con, mec&nbsp;! Des films à l&rsquo;eau de rose, pendant que t&rsquo;y es, hein&nbsp;? Un truc bien sucré, bien chamallow. Non mais t&rsquo;as vu ma tête&nbsp;? Il me manque la moitié des dents, j&rsquo;ai déjà presque plus de cheveux. À vingt-quatre ans&nbsp;! J&rsquo;suis moche. J&rsquo;ai tout raté. J&rsquo;ai pas d&rsquo;autres choix pour survivre&nbsp;! Tu crois que je croupis dans ce taudis pour le plaisir&nbsp;? J&rsquo;ai. Pas. Le. Choix.</p>



<p>— Je pense surtout que tu arrives à un tournant de ta vie. La police est à tes trousses. Prends l&rsquo;argent que tu planques sous ton matelas et envole-toi pour l&rsquo;Espagne&nbsp;! Ou la côte dalmate. Il paraît que là-bas les filles sont jolies et ne demandent qu&rsquo;à jouer.</p>



<p>— Et&nbsp;? ça changera quoi&nbsp;? où que j&rsquo;aille, j&rsquo;aurais les flics sur le dos&nbsp;!</p>



<p>— Tu repars de zéro. Tu inventes un autre scénario. Tu vises un public différent, plus féminin peut-être. Inspire-toi de <em>Fifty Shades of Grey</em> par exemple. Implique tes actrices dans l&rsquo;écriture. Tu restes derrière la caméra, tu deviens réalisateur. Et vous vous rémunérez, toi et les comédiens, avec les publicités YouTube.</p>



<p>— Payer les actrices&nbsp;? T&rsquo;es pas bien toi&nbsp;? Pourquoi je les paierais si de toute façon je les zigouille à la fin de la séquence&nbsp;?</p>



<p>— (*soupir*) Mais c&rsquo;est le but&nbsp;! Tu leur laisses la vie désormais&nbsp;!</p>



<p>— Putain&nbsp;! Mais qui m&rsquo;a donné une conscience pareille&nbsp;!</p>
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		<title>Le naufrage des rêves</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-naufrage-des-reves/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:18:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[Son univers craquelle, un capharnaüm multicolore s’épand puis s’ébat dans sa tête. Il hurle, se déchire les tympans. Comment a-t-elle pu l’abandonner, seul, dans ce désert peuplé de loups hargneux&#160;? Des dragons venus d&#8217;outre-tombe le harcèlent, l&#8217;ensorcellent, l&#8217;agrippent de toute part. Des nuances de rouge, de gris s’entremêlent devant ses yeux. Les ombres l’embrochent. Il [&#8230;]]]></description>
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<p>Son univers craquelle, un capharnaüm multicolore s’épand puis s’ébat dans sa tête. Il hurle, se déchire les tympans. Comment a-t-elle pu l’abandonner, seul, dans ce désert peuplé de loups hargneux&nbsp;? Des dragons venus d&rsquo;outre-tombe le harcèlent, l&rsquo;ensorcellent, l&rsquo;agrippent de toute part. Des nuances de rouge, de gris s’entremêlent devant ses yeux. Les ombres l’embrochent. Il se débat, frappe au hasard, s&rsquo;arc-boute. La rage l’étrangle. Pourquoi lui a-t-elle retiré sa tendresse&nbsp;? Ses bras, la chaleur de son corps, tout lui manque. Il crie famine. Jouissance, où te terres-tu&nbsp;? L&rsquo;enfer opacifie toute lueur d&rsquo;espoir. Il ne voit que l&rsquo;horreur, ne mesure que son impuissance. Alors que, il y a peu, tout n&rsquo;était que douceur. Elle était sienne, rien qu’à lui, ses seins offerts, ruisselants d’ardeur, abondance d’amour. Ses caresses le transportaient au creux de songes ouatés. Puis, elle l&rsquo;a quitté, soudain, sans prévenir. Esseulé, il laisse s&rsquo;écouler la vie, noyant ses rêves dans son chagrin.</p>



<p>Il a dû s&rsquo;endormir, épuisé d&rsquo;avoir tant lutté. Il s&rsquo;étonne, ne la retrouve pas à ses côtés. Puis se souvient&nbsp;: elle est partie. Sans lui. Le bazar tournoie à nouveau dans sa tête. Un hurlement de désespoir se forme dans sa gorge puis s&rsquo;étouffe, s&rsquo;arrête. Il vient d&rsquo;entr&rsquo;apercevoir un visage dans le brouillard. Une femme. Serait-elle revenue&nbsp;? Il tente d&rsquo;ajuster sa vision, crispe le cou, puis se recouche, las. Ce n&rsquo;est pas elle. Celle-là, c&rsquo;est Marie, croit-il. La mère suprême, celle que l&rsquo;on peut implorer en toute circonstance. Il se concentre sur la statuette. Elle est belle. Presque aussi belle que celle qui ne veut plus de lui. Il lui sourit. En retour, Marie l&rsquo;enveloppe d’un parfum d’extase. Des mains de l’idole s’étirent de longues traînées d’une aveuglante lumière qui se répand dans son âme. Il se sent léger, repu d’amour. Une bienveillance mystique l’enrobe, bouclier universel contre la sauvagerie de ce monde. Entre eux, c&rsquo;est à la vie, à la mort. Plus rien ne les séparera. Même pas l&rsquo;autre, si elle décide de réapparaître.</p>



<p>— Dis donc chérie, viens voir, il est réveillé, mais il ne chouine pas pour une fois. Ça a marché ton truc&nbsp;!</p>



<p>— C’est le Dr Mazzo qui recommande cette technique&nbsp;: le laisser pleurer, tout seul, dix ou quinze minutes. Après, il a compris, il ne t’emmerde plus&nbsp;!</p>



<p>Mon ange, mon trésor, mon lapin, on a fait un gros dodo&nbsp;? Allez, viens dans les bras de maman&nbsp;! Smac, <em>elle le couvre de bisous</em>, oups&nbsp;! va falloir que je change ta couche&nbsp;!</p>



<p>Les yeux dans ceux de Marie, il se laisse manipuler, indifférent.</p>
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		<item>
		<title>Les fesses d&#8217;une modèle</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/les-fesses-dune-modele/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 09:59:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[introspectif]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;Un&#160;!&#160;» La lumière fusa en mille petits éclats argentés, prismes de pacotille dans lesquels Pauline sombra. Perceptions intensifiées. Aveuglement. L’irradiation l’éclaboussa et sa raison se fendilla de toute part. Un fragment lui heurta le cœur&#160;: maman&#160;! pour retomber, déchu, dans le voile de neige cotonneux. «&#160;Deux&#160;!&#160;» Un éclair d&#8217;un ton nouveau illumina la scène. Elle [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>«&nbsp;Un&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>La lumière fusa en mille petits éclats argentés, prismes de pacotille dans lesquels Pauline sombra. Perceptions intensifiées. Aveuglement. L’irradiation l’éclaboussa et sa raison se fendilla de toute part. Un fragment lui heurta le cœur&nbsp;: <em>maman&nbsp;!</em> pour retomber, déchu, dans le voile de neige cotonneux.</p>



<p>«&nbsp;Deux&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Un éclair d&rsquo;un ton nouveau illumina la scène. Elle vit des choses au loin, des reflets de ses rêves, minces espoirs qu&rsquo;elle aurait dû laisser perdre à jamais. La lumière opaline avait un jour scintillé dans ses yeux. Un jour ou était-ce une nuit&nbsp;? Si peu, en fait. À quoi bon s&rsquo;accrocher&nbsp;? La peinture s&rsquo;écailla. Tout redevint blanc.</p>



<p>«&nbsp;Trois&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Jean, c&rsquo;était Jean qu&rsquo;elle avait entraperçu dans le dernier éclat de nacre. Se pouvait-il que Jean l&rsquo;aimât&nbsp;? Il lui avait souri, un jour, à la sortie de l&rsquo;internat, la seule fois où l&rsquo;on était venu la chercher. Mais il devait l&rsquo;avoir oublié aujourd&rsquo;hui. Parce qu’elle était de celles qu’on oublie. La pépite d&rsquo;argent retomba avec les autres sur le tapis de neige. <em>Adieu, Jean&nbsp;!</em></p>



<p>«&nbsp;Quatre&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>L’embrasement du tison repeignit l&rsquo;atmosphère en rouge vif. Les éclats de lumières devinrent incandescents. La colère remonta à la surface. L&rsquo;injustice, violente ou sournoise, officielle ou perverse emprisonnait son espace. Pauline sentit les barres de fer se resserrer autour d’elle, l&rsquo;écrasant, la réduisant en bouillie obéissante. <em>Ne discute pas, Pauline. Obéis&nbsp;! Tu n’as pas le choix. Obéis&nbsp;!</em></p>



<p>«&nbsp;Cinq&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Les flammes léchaient son âme, retournant sa volonté, sa droiture en un amas malléable, doucereux. Elle était devenue sa propre honte. La brûlure se faisait de plus en plus intense. Mordante, même, attaquant son épine dorsale, son vrai moi. Sa peau tendre de petite fille rougeoyait dans l’opprobre. <em>Obéis et tais-toi&nbsp;!</em></p>



<p>«&nbsp;Six&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Non&nbsp;! Elle n&rsquo;était pas lui. <em>Satan, va-t’en&nbsp;!</em> Pauline hurlait en secret, depuis de longs mois, depuis qu&rsquo;elle ne se reconnaissait plus. Ce n&rsquo;était pas sa nature. Elle n&rsquo;était pas de feu&nbsp;; elle était de silence. Elle ne savait pas trahir&nbsp;; elle était ange. Les coups, les menaces, les brimades avaient fait d’elle un être sournois, fielleux, vipère. Cela n’était pas elle. <em>Non&nbsp;!</em></p>



<p>«&nbsp;Sept&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Un bourdonnement irascible accompagnait maintenant la forge. Comme un moustique coincé dans une oreille. Le pilonnage devenait lourd, presque lent. Le grésillement irrégulier, dans sa tonalité et son balancement. Elle l&rsquo;avait mérité. Elle n&rsquo;était plus rien, rien qu&rsquo;un ignoble vers de terre malfaisant. <em>Retourne donc là-dessous, tu n&rsquo;as rien fait de bon ici. Rien.</em></p>



<p>«&nbsp;Huit&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Un sursaut la ressaisit alors qu&rsquo;elle se laissait choir. Pauline crut entrevoir l&rsquo;abbé ami dans l&rsquo;un des prismes de feu qui jaillissaient de l&rsquo;âtre. Il lui avait tendu la main un jour où son monde s&rsquo;était écroulé pour la première fois. Mais non, ce n&rsquo;était qu&rsquo;une illusion perdue. Un reflet déformé, une fausse réalité.</p>



<p>«&nbsp;Neuf&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Aux étincelles, aux vrombissements du bourdon, vint s&rsquo;ajouter le soufre. Pauline s&rsquo;approchait de l&rsquo;enfer et cela lui importait peu. Elle avait déjà connu tout ce que le Malin avait en réserve ici-bas. Tout. Elle n&rsquo;était que victime, mais verrait-on la différence&nbsp;? Elle ne la voyait plus. Un brouillard rougeâtre et larmoyant emplit désormais son esprit.</p>



<p>«&nbsp;Et dix&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>La fin pour son bourreau, la fin pour elle peut-être. Elle l&rsquo;espérait, lui tendait les mains&nbsp;; offerte. Le brasier crépitant l&rsquo;avait enveloppé tout entier et plus un souffle ne semblait vouloir la déloger. Le bourdonnement avait cessé. Un silence de plomb étendit son manteau sur Pauline. Éteignoir.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>«&nbsp;Yvonne, Marcelle, allez aider votre camarade à se relever. Jetez-lui de l&rsquo;eau froide si nécessaire, ça lui éclaircira les idées&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Mesdemoiselles, reprit l’institutrice très droite dans son sombre tablier marine, vous avez goûté, je l&rsquo;espère, la façon dont Pauline a subi sa punition. Pas un gémissement, pas une supplication. Prenez-en de la graine, jeunes filles&nbsp;! Mais reprenons, fit-elle en claquant sa règle sur le haut pupitre de bois qui trônait sur l&rsquo;estrade, allons, allons, page cent vingt-quatre&#8230;&nbsp;»</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les contours de l&#8217;aigle</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/les-contours-de-laigle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 09:57:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[Je suis morte. Anéantie, je n&#8217;existe plus. Mon corps est autre. Souillée. Le week-end avait pourtant commencé sous d&#8217;heureux auspices. Nous étions tous très beaux, nantis de soieries et dentelles. «&#160;Luxe, calme et volupté.&#160;» Nous étions jeunes, nous étions là pour nous amuser, boire et danser, voire plus si entente. Si entente. Le cadre, un [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Je suis morte. Anéantie, je n&rsquo;existe plus. Mon corps est autre. Souillée.</p>



<p>Le week-end avait pourtant commencé sous d&rsquo;heureux auspices.</p>



<p>Nous étions tous très beaux, nantis de soieries et dentelles. «&nbsp;Luxe, calme et volupté.&nbsp;» Nous étions jeunes, nous étions là pour nous amuser, boire et danser, voire plus si entente. Si entente.</p>



<p>Le cadre, un jeu Grandeur Nature dans les salons d&rsquo;un palais princier, où nous étions parés de nos atours de marquis et marquises très XVIII<sup>e</sup> siècle et de nos orgueils de jouvençeaux frivoles. Rien ne pouvait nous atteindre. Nous étions rois. Et cette prestance, cette supériorité, nous l&rsquo;avions entretenue dans nos chairs, dès notre arrivée, pris en charge par des costumiers et maquilleurs professionnels. Rien n&rsquo;avait été laissé au hasard. Ou si peu.</p>



<p>L&rsquo;orchestre, costumé lui aussi, nous fit virevolter au son des violons et les notes graves du violoncelle rythmèrent les battements de nos cœurs.</p>



<p>J&rsquo;étais venue avec quelques amies qui m&rsquo;avaient délaissée en hâte pour les bras de beaux ténébreux. De mon côté, je fus vite happée par un don Juan trop entreprenant, puis rapidement secourue par Henri, un sombre capitaine, les dents serrées par une puissante force intérieure. Il ne souriait pas, Henri. Il m&rsquo;enivrait, ses yeux noirs dans les miens cherchant à percer mon âme.</p>



<p>Il ne me lâcha plus de la soirée. Nous pirouettâmes de salon en salon, de menuet en gavotte, de bulles pétillantes en liqueurs sirupeuses, de lucidité en absence douillette. Il ne souriait toujours pas, Henri. La mâchoire crispée, ses yeux dans les miens, il m&rsquo;entraîna loin, très loin.</p>



<p>D&rsquo;autres couples se joignirent à nous dans ce boudoir rococo, croulant sous les fioritures et les coussins, bacchanale feutrée. Un violon s&rsquo;était détaché de l&rsquo;orchestre pour nous poursuivre de ses accords langoureux. Nos corps s&rsquo;enchevêtrèrent sur le sofa et nos corsages se délacèrent imperceptiblement.</p>



<p>Nous étions quatre ou cinq, des filles, des garçons, que sais-je. Et il y avait Henri, resté debout à mes côtés. Ma citadelle. Je déliai mes sens, ouvrant la cage, laissant s&rsquo;échapper caresses et baisers. La musique se fit de plus en plus envoûtante et nos étreintes de plus en plus pressantes. Je m’abandonnai, baignée dans cette sensualité débordante, ne sachant pas très bien jusqu&rsquo;où j&rsquo;accepterais que mes désirs m&#8217;emmènent. Le voile cotonneux s&rsquo;intensifia et je sombrai dans une léthargie embuée de vapeurs d’alcool.</p>



<p>Soudain, je sentis qu&rsquo;on m&rsquo;écartait les cuisses avec violence, refoulant mes nombreux jupons&nbsp;; impatience sauvage. Mon cœur remonta dans ma gorge, grognant sourd. Une silhouette ou deux, un contour, une ombre. Henri&nbsp;? Un nuage d&rsquo;orage tournoyait autour de moi, tel un aigle ceignant sa proie. Je hurlai «&nbsp;Non, non&nbsp;!&nbsp;» tentant de me démener, de repousser ces mains palpantes, ce torse pesant, mais mon corps, comme tétanisé, pris dans la ouate, ne pouvait fuir. J’ai crié, encore et encore, toute griserie évaporée. Mais personne ne vint me secourir. Je restais un long moment, là, sur ce luxueux divan, écrin incongru. Hagarde.</p>



<p>Je l&rsquo;avais bien cherché. Je m&rsquo;étais offerte, avais participé de mon plein gré à ces extravagances. Qui allait me croire&nbsp;? Qui oserait, ne serait-ce que nommer timidement ce que je venais de subir&nbsp;?</p>



<p>Personne. Et moi, moins que tout autre.</p>



<p>Je m&rsquo;enfuis sans rien dire. Morte en moi-même. À tout jamais.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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