<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>humour &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
	<atom:link href="https://alicedecastillon.com/tag/humour/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://alicedecastillon.com</link>
	<description>Courtes histoires à lire entre deux pauses</description>
	<lastBuildDate>Wed, 25 Mar 2026 19:20:06 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://alicedecastillon.com/wp-content/uploads/cropped-favicon-32x32.png</url>
	<title>humour &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
	<link>https://alicedecastillon.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Les enfants des espions</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/les-enfants-des-espions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:12:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[bd]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=394</guid>

					<description><![CDATA[[Jon] Mon job est à chier&#160;! [Charly] Tu fais quoi&#160;? [Jon] Je collecte les données émises par les smartphones, les télés et même les frigos. Pfff&#160;! [Jon] Alors que mon père, lui, il vivait des «&#160;Aventures&#160;». T’sais qu’il a fait du trapèze volant dans un sous-marin&#160;? *** [Charly] Dingue&#160;! Il faisait quoi&#160;? [Jon] Ben, comme [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="585" height="707" src="https://alicedecastillon.com/wp-content/uploads/Les-enfants-des-espions.jpg" alt="" class="wp-image-395" srcset="https://alicedecastillon.com/wp-content/uploads/Les-enfants-des-espions.jpg 585w, https://alicedecastillon.com/wp-content/uploads/Les-enfants-des-espions-248x300.jpg 248w" sizes="(max-width: 585px) 100vw, 585px" /></figure>



<p><strong>[Jon]</strong> Mon job est à chier&nbsp;!</p>



<p><strong>[Charly] </strong>Tu fais quoi&nbsp;?</p>



<p><strong>[Jon]</strong> Je collecte les données émises par les smartphones, les télés et même les frigos. Pfff&nbsp;!</p>



<p><strong>[Jon] </strong>Alors que mon père, lui, il vivait des «&nbsp;Aventures&nbsp;». T’sais qu’il a fait du trapèze volant dans un sous-marin&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>[Charly]</strong> Dingue&nbsp;! Il faisait quoi&nbsp;?</p>



<p><strong>[Jon]</strong> Ben, comme moi, espion.</p>



<p><strong>[Charly]</strong> Tout fout l’camp.</p>



<p><strong>[Jon]</strong> Ouais, et dans quelques années j’te dis pas, on pointera tous à Pôle Emploi.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>[Jon]</strong> Tu vois, <em>ils</em> ont inventé des virus, des trucs genre mollusque, mais confits d’antennes.</p>



<p><strong>[Jon]</strong> Ça va nous envahir sans qu’on le sache et hop, <em>ils</em> pourront tout savoir sur nous.</p>



<p><strong>[Charly]</strong> Merde alors&nbsp;!</p>



<p><strong>[Jon] </strong>Tu l’as dit, bouffi.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le sourire des abysses</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-sourire-des-abysses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 09:31:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=351</guid>

					<description><![CDATA[De monumentales stalactites piquetaient la voûte de l&#8217;insondable grotte dans laquelle ils pataugeaient depuis de ce matin. Malgré les puissants coups de rames que Perrette donnait à leur faible embarcation, ils ne paraissaient guère progresser. Alors, pour passer le temps, elle comptait les crevasses et les boursouflures du dôme qui couvrait la mer intérieure qu&#8217;ils [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>De monumentales stalactites piquetaient la voûte de l&rsquo;insondable grotte dans laquelle ils pataugeaient depuis de ce matin. Malgré les puissants coups de rames que Perrette donnait à leur faible embarcation, ils ne paraissaient guère progresser. Alors, pour passer le temps, elle comptait les crevasses et les boursouflures du dôme qui couvrait la mer intérieure qu&rsquo;ils tentaient, tant bien que mal, de franchir. Il lui semblait pourtant que, depuis peu, les étoiles de ce firmament de calcaire ondoyaient avec concupiscence. De nouveaux éléments rocheux apparurent dans son champ de vision. Perrette mit bien quelques minutes à comprendre que c&rsquo;était leur barque qui avançait désormais à un rythme plus soutenu. Enfin&nbsp;! Elle contemplait tour à tour la raide falaise à sa droite et la plus imposante des pyramides inversées juste au-dessus de sa tête, quand soudain, elle lâcha les rames et cria à son compagnon&nbsp;:</p>



<p>— Mais grave&nbsp;! Le plafond s&rsquo;approche de nous ou j’ai la berlue&nbsp;?</p>



<p>SinBad, haussa les épaules. Ce qu&rsquo;elle pouvait être stupide cette laitière&nbsp;! Elle était venue le chercher sur le port d&rsquo;Amsterdam, alors qu&rsquo;il se tâtait, accoudé à une bitte d&rsquo;amarrage, hésitant entre une retraite bien méritée et une aventure sans lendemain. Elle lui avait venté une chasse au trésor sans risque, un gros pactole à la clé et peut-être plus si entente. Enfin, ça, c&rsquo;était ce qu&rsquo;il s&rsquo;était dit en la voyant bien fraîche, toute légère vêtue et les miches fort appétissantes. Comme il s&rsquo;ennuyait ferme, il avait accepté, mais à l&rsquo;unique condition qu&rsquo;il soit le Chef de l&rsquo;expédition. Bien sûr, elle avait consenti avec désinvolture, elle qui n&rsquo;était jamais sortie de son trou. SinBad, avachi à la poupe de cette prudhommesque barque, se prélassait dans les souvenirs de ses homériques aventures de jeunesse.</p>



<p>— Cruche&nbsp;! c&rsquo;est l&rsquo;eau qui monte, pas le plafond qui descend&nbsp;! D&rsquo;autant que le courant semble nous entraîner de plus en plus vite vers le fond de la grotte. Tant mieux, on ne devrait pas tarder à arriver. Que dit l’alexandrin&nbsp;?</p>



<p>Perrette hésitait. Jusqu&rsquo;à présent, SinBad ne lui avait guère inspiré confiance. Si elle était venue le chercher, c&rsquo;était pour l&rsquo;unique raison qu&rsquo;elle ne connaissait pas d&rsquo;autres marins célèbres et qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas osé s&rsquo;aventurer seule sur cette mer souterraine. Et puis, entre nous, sa coupine Shéhérazade allait avoir grand besoin d’histoires toutes fraîches, son nouvel amant ayant… (mais, chut&nbsp;! c’est un secret). Elle aurait peut-être dû faire appel au capitaine Haddock, mais ce pirate d&rsquo;opérette ne lui semblait pas avoir l&rsquo;expérience requise. Il clamait haut et fort avoir navigué sur tous les océans, mais elle se souvenait surtout de ses innombrables couillonnades. Enfin, SinBad était là et elle allait devoir lui accorder un minimum de confiance si elle voulait atteindre son but. Peu convaincue, elle récita cependant&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Sur la crique déserte, tu accosteras</em></p>



<p>— Mais je n’entraperçois pour l’instant que de vertigineuses falaises à perte de vue, ajouta Perrette.</p>



<p>— Attendons d&rsquo;avoir atteint l&rsquo;extrémité de cette grotte, il y a peut-être une ouverture tout au fond.</p>



<p>— Et s&rsquo;il y en a pas, on va finir écrabouillé comme une galette bretonne entre la voûte et la paroi. Ou alors, périr noyés, pleurnicha Perrette qui regrettait un tantinet n’être pas restée tranquillou dans sa ferme des Mille Vaches. Quelle idée aussi de toujours vouloir courir après d’éphémères fantasmes de fortune. La dernière fois, ça ne lui avait pas vraiment réussi. Ses chimères lui avaient fait perdre pied, l&#8217;empêtrant dans ses bidons qu&rsquo;elle avait envoyés valser au travers de la route. Adieu pots, adieu lait, adieu promesses de richesses. Combien d&rsquo;heures sup&rsquo; avait-elle dû accomplir pour rembourser son patron, se plier à ses quatre volontés, s&rsquo;éreinter à la tâche, tandis que ses collègues prenaient peinard leurs RTT&nbsp;? Ainsi, quand elle avait trouvé dans un Carambar ce rimaillon, en lieu et place de la stupide devinette habituelle, elle avait sautillé de joie&nbsp;: cette fois-ci, la fortune était à portée de main&nbsp;!</p>



<p>Les premiers vers promettaient en effet montagnes et merveilles.</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Au fin fond de l&rsquo;abysse, un trésor t’attendra</em></p>



<p>Perrette avait envoyé illico un texto à Jules Verne, le spécialiste des fonds marins, pour en savoir plus sur cette sceptique fosse. Il lui avait répondu en lui donnant une copie dédicacée de son <em>Voyage au centre de la Terre</em>, la page cinquante-quatre cornée et le nom du volcan — point d&rsquo;entrée de tous abysses respectables — surligné au Stabilo Boss orange. Très complaisant, le Jules.</p>



<p>Le vieux corsaire, par contre, ne s&rsquo;était pour le moment pas vraiment montré à la hauteur. Il avait passé les trois quarts du temps à ronfler à l&rsquo;arrière de la barque. Elle avait une forte envie de lui assener un coup de rame pour le dégourdir un peu. Mais bon, il pouvait encore servir.</p>



<p>Contrairement aux apparences, SinBad ne dormait pas. Il ré-flé-chis-sait. La petiote s&rsquo;était très bien débrouillée jusqu&rsquo;à présent pour déchiffrer l&rsquo;énigme. La seule difficulté fut de choisir la bonne bifurcation lors d&rsquo;un embranchement en Y. Ils naviguaient tranquillos sur un distingué canal lorsqu’ils s&rsquo;étaient trouvés devant deux vannes XXL, l&rsquo;une ouverte, l&rsquo;autre abaissée. Le vers spécifiait&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Press Up and Turn left, à la jonction des deux bisses</em></p>



<p>SinBad avait insisté, en tant que Chef de l&rsquo;expédition, pour qu&rsquo;ils ouvrent celle de gauche – fermant de ce fait celle de droite. Ils s&rsquo;engouffrèrent dans le passage ainsi libéré. Cela lui avait paru logique sur le moment. Pourtant, alors que l&rsquo;eau montait de plus en plus vite et que le courant semblait les emporter vers le fond de la grotte, il commençait à douter du bien-fondé de son choix. Il devait y avoir une ouverture, c&rsquo;était certain. Mais pourraient-ils passer au travers&nbsp;? Il regrettait d&rsquo;avoir oublié sa lorgnette. Quel crétin&nbsp;! Le manque d&rsquo;habitude ou la sénilité&nbsp;? Il ne restait plus qu&rsquo;à prier. Soudain, il tressaillit. Si sa vue n&rsquo;était plus ce qu&rsquo;elle était, son ouïe, grâce à Dieu, était encore de premier ordre. Il farfouilla la caverne du regard. Elle était éclairée, tout doux, grâce aux diverses lucioles, vers luisants et feux follets qui constellaient, telle une signalisation urbaine, les coins et recoins de la grotte. Un léger clapotis semblait s’approcher d&rsquo;eux.</p>



<p>— Perrette&nbsp;! tu n&rsquo;as rien entendu, chuchota-t-il. On dirait le même bruit que tout à l&rsquo;heure. Tu sais, avant l’intersection. On avait cru qu&rsquo;un bateau nous pourchassait.</p>



<p>Mais la jeune fille n&rsquo;avait rien ouï, toute perdue qu’elle était dans ses délires oniriques. Qui aurait donc pu les suivre, personne n&rsquo;était au courant de leur aventure&nbsp;? Enfin, si, monsieur Verne. Mais il ne savait rien du trésor. Aurait-il cafté&nbsp;; avait-il envoyé quelqu&rsquo;un à leur trousse&nbsp;? Perrette fit la moue. Pas étonnant, à la réflexion, pour quelqu’un qui a gagné sa croûte sur les dos d’un nombre incalculable d’improductifs baroudeurs. M&rsquo;enfin&nbsp;! ne pouvait-elle pas, au moins une fois dans sa vie, avoir de la chance&nbsp;?</p>



<p>— SinBad&nbsp;! je crois que ça ne sert plus à rien de ramer. Regarde, le courant nous entraîne sans que l&rsquo;on puisse y faire grand-chose. Où se trouvent les freins&nbsp;? On ne pourra pas accoster à cette vitesse&nbsp;!</p>



<p>— Voilà les freins, fillette&nbsp;! Au moment voulu, je lancerai cette corde, tel un lasso, sur un éperon rocheux.</p>



<p>— Pour l&rsquo;instant, je ne vois aucun éperon, soit-il de roche, de fer ou de béton&nbsp;! bougonna la laitière. Oh&nbsp;! mais si, regarde là&nbsp;!</p>



<p>— Vite, dans mes bras, jeune demoiselle&nbsp;!</p>



<p>— Ah ben ça, qu&rsquo;elle drôle d’idée&nbsp;!</p>



<p>— Mais si, vite&nbsp;! Je vais darder mon licol et à nous deux nous pourrons retenir la barque. Bouge ton popotin&nbsp;!</p>



<p>Perrette soupçonna le gros dégueulasse de profiter de la situation. Elle fit cependant ce qu’il lui avait demandé et le frêle esquif s&rsquo;arrêta comme par magie, pile-poil sur la petite crique. Occultée, telle qu’elle était par un – Hallelujah — providentiel éperon rocheux, il eût été quasi impossible de la trouver sans indices. Ils tirèrent leur rafiot à l&rsquo;abri et SinBad indiqua un recoin discret&nbsp;:</p>



<p>— Viens, allons derrière ce monticule.</p>



<p>— Pas question, je me méfie de toi maintenant&nbsp;!</p>



<p>— De moi&nbsp;? Quelle idée&nbsp;! On va se cacher là pour savoir s’il y a quelqu&rsquo;un qui nous poursuit. Viens, rapidos, j&rsquo;entends à nouveau le clapotis&nbsp;!</p>



<p>Une minute à peine s&rsquo;était écoulée quand ils avisèrent un radeau de fortune sur lequel se tenait fier comme Artaban, le légendaire Phileas Fogg. Impassible, il ne le resta pas longtemps. Emporté par le courant, sans avoir pu apercevoir la crique à temps, il glissa de plus en plus vite vers ce qui ressemblait à un siphon de baignoire. Dans un interminable cri de détresse, ils virent l&rsquo;intrépide aventurier se faire avaler par le tourbillon. Autant par déférence que par la rétrospective peur qu&rsquo;ils venaient de subir, ils firent une minute de silence. SinBad reprit le premier ses esprits.</p>



<p>— Voilà, ça, c&rsquo;est fait&nbsp;! Nous pouvons désormais poursuivre notre route.</p>



<p>La suite fut simplissime. Ils n’eurent qu’à emprunter un couloir désigné par un panneau lumineux «&nbsp;Sortie de Secours&nbsp;» qui les amena directement à leur destination&nbsp;: un abysse de fort belle proportion. Enfin à l’air libre&nbsp;! Le soleil se couchait avec délicatesse au-delà des montagnes, mais le fond du cratère était déjà plongé dans la pénombre.</p>



<p>Dire qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas une goutte d&rsquo;eau eût été un mensonge éhonté puisque quelques flaques résistaient çà et là et même un marais salé avait survécu au centre de l&rsquo;abysse. Quelques moutons Ouessant s’en approchaient cahin-caha, attirés comme des mouches par le vinaigre. Les parois de la fosse luisaient des mille feux d’une boutique Swarovski. Le cratère venait de se vidanger, offrant à la jeune laitière et au marin aguerri un spectacle féérique.</p>



<p>— J&rsquo;ai peur de ne pas comprendre. Comment l&rsquo;océan a-t-il pu se vider&nbsp;; où est passée toute cette eau&nbsp;? réussit à articuler Perrette.</p>



<p>Malgré sa longue expérience, SinBad n&rsquo;avait jamais pu admirer ce prodige de ses propres yeux. Certes, des légendes circulaient sur les navires, des histoires pour marins pas très sages. On disait que les flots pouvaient s&rsquo;assécher de temps à autre, l&rsquo;eau étant déviée par moment vers un deuxième plan d&rsquo;eau. Une idée de soudards, avait-il toujours pensé. Sauf que là, il se trouvait enfin devant le phénomène et son explication. Un bête système de vannes modifiait la trajectoire des fleuves et mers souterrains, permettant ainsi à la flotte de couler d&rsquo;un point à l&rsquo;autre du globe, voyageant et s&rsquo;oxygénant par la même occasion.</p>



<p>— Ah, ben voilà, c&rsquo;est limpide&nbsp;! fit-il à voix haute.</p>



<p>— Beuh&nbsp;! La suite de l’alexandrin n&rsquo;a rien de limpide&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Dans un sourire la fortune tu trouveras</em></p>



<p>— Je ne parlais pas de cette charade à deux balles, gente demoiselle, je pensais à <em>mister</em> Fogg. S&rsquo;il a réussi à faire le tour du monde en quatre-vingts jours, c&rsquo;est grâce au sas. Le vieux bougre doit maintenant barboter de l&rsquo;autre côté du globe. Fastoche&nbsp;!</p>



<p>Devant les yeux ahuris de Perrette, il soupira. Trop long à expliquer. Il valait mieux partir à la chasse à la risette, et vite si possible. Il n’aurait pas fallu que quelqu&rsquo;un, à l&rsquo;extrémité, décide de remplir cet océan-ci avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient découvert le magot.</p>



<p>C&rsquo;est alors que SinBad vit le premier sourire. Une apparition si éphémère qu&rsquo;il crut avoir rêvé. Il se pinça. Aïe&nbsp;! Un deuxième sourire s’esquissait sur la paroi rocheuse à côté d’eux, évanescent, une espèce de flash diaphane. Cette fois-ci, Perrette l&rsquo;avait vu aussi. Ils n&rsquo;eurent qu&rsquo;à suivre les sourires qui, sournois, se déplaçaient en clignotant comme des fous. Arrivés devant un menhir gravé — sans doute un cadeau qu&rsquo;Obélix avait perdu un jour en mer — les sourires se firent plus insistants. Pas de doute, ils avaient trouvé l&#8217;emplacement du trésor.</p>



<p>— Le chat. De. Cheshire&nbsp;! articula Perrette avec application.</p>



<p>— Oh, pauvr&rsquo;, mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle nous fait&nbsp;!</p>



<p>SinBad n&rsquo;eut guère le temps de prononcer ces quelques mots que les flots jaillirent de nombreuses cavités. La fosse abyssale se remplissait à nouveau. Pris de panique il chercha une issue qui ne fuyait pas. Le niveau de l&rsquo;eau montait à une vitesse phénoménale. Ses yeux s&rsquo;accrochèrent à un incident de parcours : un canot pneumatique le narguait dans un infernal bruit de moteur. Sur la nacelle : une cassette débordante de bijoux, pierreries et napoléons — tout ce qui doit de se trouver dans tout bon trésor normalement constitué. À côté du coffre, Perrette.</p>



<p>— Perrette&nbsp;! Attends-moi, je vais me noyer&nbsp;!</p>



<p>— Désolé SinBad, mais je n&rsquo;ai plus besoin de toi, cria-t-elle par-dessus le glouglou de l&rsquo;eau et le ronron du diesel. Vengeance personnelle, mais aussi au nom d’Ève et de toutes les femmes de la planète qui se sont fait enclumés par des petits cons machistes comme toi. Tiens, voilà la véritable et intégrale énigme, afin que tu ne meures pas complètement idiot aujourd’hui&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Au fin fond de l&rsquo;abysse, un trésor t’attendra.</em><br><em>Turn left and press Up, à la jonction des deux bisses,</em><br><em>Sur la crique déserte, tu accosteras.</em><br><em>Suis le chemin qui te guidera vers l’abysse,</em><br><em>Le sourire, clair, tu identifieras</em><br><em>Un radeau apparaîtra, magie du roman.</em><br><em>Puis, vraiment très vite, tout seul, tu y monteras,</em><br><em>Le pactole tu gagneras ; victorieusement !</em></p>



<p>Adieu SinBad&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La barbe</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/la-barbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 16:28:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=335</guid>

					<description><![CDATA[Le Père Noël enjambe la tôle crénelée de la cheminée et se déchire le pouce. Vous n&#8217;émettez aucun son. Le sang goutte dans le conduit. Le ploc-ploc se dissipe sous le fratras de suie et de gravats. Les fesses du bonhomme en rouge font voler en éclat la vitre de l&#8217;âtre. Vous clignez des yeux, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le Père Noël enjambe la tôle crénelée de la cheminée et se déchire le pouce. Vous n&rsquo;émettez aucun son. Le sang goutte dans le conduit. Le ploc-ploc se dissipe sous le fratras de suie et de gravats. Les fesses du bonhomme en rouge font voler en éclat la vitre de l&rsquo;âtre. Vous clignez des yeux, raclez le fond de votre gorge, mais ne bougez pas d&rsquo;un cil. Vous attendez vos cadeaux. Nous sommes en juillet, il n&rsquo;y aura pas de cadeaux. De toute façon, vous détestez les surprises et ne croyez plus au Père Noël depuis belle lurette. Vous rembobinez votre conte et recommencez. Le vieux barbu&#8230;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Professeur Max Maximillian</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/professeur-max-maximillian/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 11:12:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=267</guid>

					<description><![CDATA[Du haut du mont Al-Eakaial, le Professeur Max Maximillian, les mains dans les poches et un cigarillo au coin des lèvres, contemplait, tel Auguste son empire, le vaste champ de fouilles qui s&#8217;étalait au pied de la colline. Son équipe, composée en majorité de traîne-savate, avait creusé un puits d&#8217;accès à une nécropole souterraine, bric-à-braquement [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Du haut du mont Al-Eakaial, le Professeur Max Maximillian, les mains dans les poches et un cigarillo au coin des lèvres, contemplait, tel Auguste son empire, le vaste champ de fouilles qui s&rsquo;étalait au pied de la colline. Son équipe, composée en majorité de traîne-savate, avait creusé un puits d&rsquo;accès à une nécropole souterraine, bric-à-braquement étayé par un chevalement. Elle était sur le point de percer le dernier mur qui séparait encore les vivants des morts et qui, selon les savants calculs de l&rsquo;archéologue, promettait de mettre à jour de troublantes tablettes sumériennes érotiques et peut-être même, une série de sacrifices humains datant du paléolithique. Contrairement à certains de ses collègues, Max avait des goûts éclectiques et était capable d&#8217;embrasement, tant pour un vase antique qu&rsquo;un primitif silex.</p>



<p>Aux mouvements désordonnés de sa fourmilière en contrebas et des cris hystériques qui sortaient des tréfonds de la terre, il estima que le moment fatidique de la découverte approchait suffisamment pour qu&rsquo;il daigne descendre, lui aussi, au fond du puits.</p>



<p>À peine arrivé au cœur de l&rsquo;action, qu&rsquo;un violent tourment urinaire le fit remonter d&rsquo;urgence à la surface. Bien lui en prit, car ce fut à cet instant exact qu&rsquo;un berger évadé d&rsquo;une scène pastorale, tel un taureau aveuglé, fondit avec son quad sur la structure de l&rsquo;excavation qu&rsquo;il fit s&rsquo;écrouler dans force poussières pouacres.</p>



<p>On ne retrouva aucune antiquité dans les décombres, tout juste quelques dents cassées.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Petits pois en si bémol</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/petits-pois-en-si-bemol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 11:10:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[surréaliste]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=265</guid>

					<description><![CDATA[Ce n’est qu’arrivé au centre de l’allée «&#160;Conserves et condiments&#160;» que le vieux Matthieu se rendit compte qu’acheter une boîte de petits pois allait s’avérer plus complexe qu’il ne le l’avait imaginé. Le choix était extravagant, mais le légume restait identique d’une boîte à l’autre&#160;: rond et vert. Il eut alors l’idée de secouer chacune [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce n’est qu’arrivé au centre de l’allée «&nbsp;Conserves et condiments&nbsp;» que le vieux Matthieu se rendit compte qu’acheter une boîte de petits pois allait s’avérer plus complexe qu’il ne le l’avait imaginé. Le choix était extravagant, mais le légume restait identique d’une boîte à l’autre&nbsp;: rond et vert. Il eut alors l’idée de secouer chacune des conserves juste à côté de son oreille gauche – il était un peu sourd de la droite – pour savoir quelle note allait en sortir. Il s’était dit qu’il choisirait celle qui s’approcherait le plus du Si bémol. Il aimait bien cette note, beaucoup plus sensuel que le Fa dièse qui lui rappelait les Teutons. Un Sol eût été trop terre à terre, tandis qu’un Mi, trop hésitant. Le Si bémol serait parfait&nbsp;: rond, romantique, doux, presque aérien.</p>



<p>N’étant pas très musicien et comme il avait oublié son diapason à la maison – en fait, non, il n’avait jamais eu de diapason – il retourna à l’entrée et demanda à l’hôtesse de procéder à un appel au micro&nbsp;: «&nbsp;Une chanteuse pouvant donner le La était demandé à l’accueil&nbsp;». Plusieurs jeunes femmes accoururent en espérant faire partie d’un casting surprise pour <em>The Voice</em>. Matthieu n’eut que l’embarras du choix. Il désigna celle qui lui semblait avoir la cage thoracique la plus avenante. Elle lui donna un La puissant. Seulement voilà, comment passer du La au Si bémol&nbsp;? Il se fit tout petit pour lui demander si, à tout hasard, elle ne pouvait pas lui donner une deuxième note pour le prix d’une. La grosse dame se tâta&nbsp;: «&nbsp;Vous savez comment c’est&nbsp;! vous tendez un La et l&rsquo;on vous prend un Si. J’ai le sentiment de me faire abuser. Et d’ailleurs, pourquoi vous avez besoin de cette note-ci en particulier&nbsp;?&nbsp;» Il le lui dit. Elle se tordit de rire et lui proposa d’acheter tout simplement la marque Boncruel, il n’y en avait pas de meilleur. C’est ce qu’il fit.</p>



<p>Arrivé à la caisse, sa conserve trônant au centre du tapis roulant, la blonde manucurée et talons aiguille numéro trois qui se trouvait juste devant lui, lui fit remarquer qu’il s’était trompé de boîte. Il avait pris celle avec l’étiquette rose, réservée aux filles, alors que manifestement, il était plutôt du genre masculin – même décrépit. D’ailleurs, celle en tout point identique, mais avec l’étiquette bleue pour les garçons coûtait deux fois moins cher.</p>



<p>À sa sortie du magasin, sur le parking envahi par des bicyclettes, puisque l’on était un vendredi et que vendredi, c’était jour du vélo, il rencontra un vieil ami qu’il n’avait pas revu depuis le surlendemain. Ils ne se saluèrent pas puisqu’ils se quitteront en mauvais terme dans deux jours, mais se reconnurent d’un petit signe de tête. L’autre lui fit&nbsp;: «&nbsp;Je vois que tu vas manger des petits pois ce soir&nbsp;!&nbsp;» Pas du tout, répondit Matthieu. Je devais juste repeindre ma barrière et j’avais besoin d’un pot pour y mettre une peinture de ma confection, une recette maison que je dois d’ailleurs essayer dans deux jours. «&nbsp;Celle que tu vas me servir à la place de la soupe aux pois et qui va m’envoyer à l’hôpital en urgence&nbsp;?&nbsp;» l’interrompit le vieil ami. «&nbsp;Celle-là même&nbsp;!&nbsp;» répliqua le cuisinier-peintre. Sur ce, ils se quittèrent amicalement, promettant de se revoir le surlendemain.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le suaire de la chanoinesse</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-suaire-de-la-chanoinesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 10:51:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=259</guid>

					<description><![CDATA[— Ladiez and gentlemen, diz way pleaz ! Oh bonne mère&#160;! Si un jour, on m&#8217;avait dit que le purgatoire c&#8217;était ça&#160;! Cela doit bien faire cinq cent ans et des brouettes que je hante nuit et jour cette cathédrale et en toute honnêteté, les quelques années précédentes ont été les plus difficiles. Cette guide-là [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>— Ladiez and gentlemen, diz way pleaz !</p>



<p>Oh bonne mère&nbsp;! Si un jour, on m&rsquo;avait dit que le purgatoire c&rsquo;était ça&nbsp;! Cela doit bien faire cinq cent ans et des brouettes que je hante nuit et jour cette cathédrale et en toute honnêteté, les quelques années précédentes ont été les plus difficiles. Cette guide-là doit être à l&rsquo;évidence la dernière épreuve que Saint-Pierre m&rsquo;envoie avant de m&rsquo;ouvrir les portes du paradis. Ce n&rsquo;est guère possible autrement. Ou alors je suis victime d&rsquo;un ensorcellement et je suis en enfer. Non contente de parler ce qu&rsquo;elle croit être de l&rsquo;anglais (ce n&rsquo;est pas dur, personne ne la comprend), elle amène souvent des groupes bien bizarres. L&rsquo;autre jour (enfin, je dis l&rsquo;autre jour, mais c&rsquo;était peut-être il y a 30 ans, j&rsquo;ai perdu la notion du temps), elle vient avec une flopée de gamins, des gavroches impertinents, des titis irrespectueux du lieu. Ils ont couru dans tous les sens et, tels des zéphyrs, ont éteint tous les lampions de la chapelle Sainte-Eugénie. La guide s&rsquo;évertuait à les rassembler, mais sans une once d&rsquo;autorité, que pouvait-elle bien faire&nbsp;? Rien. Elle criait au sabotage et moi, je riais sous cape. Bien fait, pauvre cloche. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;à l&rsquo;époque, elle était encore jeune et n&rsquo;avait pas beaucoup d&rsquo;expérience. Ceci dit, depuis ce temps, plus personne ne lui confie des enfants. Pour moi, le groupe idéal est constitué d&rsquo;intellectuels, historiens ou architectes, qui phosphorent si puissamment que la cathédrale semble briller de mille feux, comme au bon vieux temps, lorsque j&rsquo;étais chanoinesse ici. La guide n&rsquo;aime pas trop ces faux clercs qui se donnent des airs et qui la contredisent sans arrêt. Et en plus, ils sont radins avec son pourboire. Elle, elle préfère de loin les Japonais (ou les Chinois, qu&rsquo;en sais-je). Ils visitent ce lieu saint au pas de charge, laissent un généreux bakchich et ne lui posent pas de questions idiotes, comme ces vieux daubeurs qui raillent tant la religion que la longueur des jupes des filles (il y en a toujours au moins un dans chaque groupe — sauf chez les Japonais — ça doit encore un coup de Saint-Pierre pour m&rsquo;éprouver). Moi, avec les Japonais (ou les Chinois, ne chipotons pas), ce qui me hérisse, c&rsquo;est qu&rsquo;ils rentrent dans l&rsquo;église avec des sacs remplis de marchandises païennes. Un jour, j&rsquo;ai presque cru que mon cœur s&rsquo;était arrêté de battre pour la deuxième fois. Une touriste avait fait ses emplettes, devinez où&nbsp;? Dans un sex-shop (c&rsquo;était écrit en grand sur le cabas)&nbsp;! Il y avait même une sorte de vilebrequin qui dépassait. Je n&rsquo;ose pas imaginer l&rsquo;usage de cette chose, pouah&nbsp;!</p>



<p>— Diz iz ze magnifaïque linteau en mahogany made by Jean Goujon</p>



<p>*Craaaaac*</p>



<p>Ah, mince, le boulet de mon suaire m&rsquo;a échappé des mains. De toute façon, le bois était ronceux et cette pouffe de guide était déjà bien vieille. Bon débarras&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Guide touristique</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/guide-touristique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 20:25:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=27</guid>

					<description><![CDATA[Café Machin Coordonnées GPS : 25.350914 x -32.460983Rue du Général Fouettard – www.CafeMachin.com – 09 14 24 22 55 Le Café Machin est une petite merveille de l’architecture mixte du dernier millénaire. Son charmant intérieur allie néo-brocantage et philipp-starckisme avec beaucoup de talent. Éloigné des circuits touristiques habituels, ce bijou regorge d’anecdotes historiques des plus remarquables. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Café Machin</h2>



<p class="has-small-font-size">Coordonnées GPS : 25.350914 x -32.460983<br>Rue du Général Fouettard – www.CafeMachin.com – 09 14 24 22 55</p>



<p>Le Café Machin est une petite merveille de l’architecture mixte du dernier millénaire. Son charmant intérieur allie néo-brocantage et philipp-starckisme avec beaucoup de talent. Éloigné des circuits touristiques habituels, ce bijou regorge d’anecdotes historiques des plus remarquables.</p>



<p>Savez-vous par exemple que la Marquise Sophie de la Feuille Plissée du Bouc rencontra ici pour la dernière fois son jeune amant, le Comte Armand de Fines Herbes&nbsp;? La plaque commémorative à l’entrée du Café Machin précise qu’il s’agissait du 16&nbsp;septembre&nbsp;163x. <em>À l’heure où nous mettons ce guide sous presse, les historiens peinent à nous donner une année exacte</em>. Selon nos propres sources, l’an&nbsp;1636 serait une probabilité envisageable.</p>



<p>La marquise et son comte passèrent un délicieux après-midi à se fondre dans le regard l’un de l’autre, tendre moment brisé par un valet mal embouché qui s’était permis d’interrompre leur tête à tête, sous prétexte que madame avait demandé l’heure.*</p>



<p>Bien mal lui en pris, car il finit empalé sur le pilier du bar, un marbre de Carrare offert par Napoléon Premier <em>himself</em> et que l’on peut admirer au Café Machin. Si vous êtes attentif, une petite trace de sang indélébile reste encore visible au pied de la colonne. Veuillez noter que les <em>selfies</em> sont interdits devant ce monument historique.</p>



<p>Le Café Machin sert d’incomparables macarons dont le parfum tagada-bambou a gagné le concours LeNôtre&nbsp;2013.</p>



<p>Une adresse à ne manquer sous aucun prétexte.</p>



<p>*<em>Erratum</em>&nbsp;: Selon nos informations de dernière minute, ce n’est pas la belle marquise qui s’enquit de l’heure, mais bel et bien son jeune amant de comte.</p>



<p>[…]</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jardin Botanique</h2>



<p class="has-small-font-size">Coordonnées GPS : 25.357634 x -32.472827<br>Boulevard Saint-Mac – www.JardinumBotani.com – 09 48 55 67 24</p>



<p>Le fabuleux jardin botanique de la ville a été conçu au XII siècle par un moine, le Frère Passeur. Herboriste, il fit importer du Moyen-Orient et peut-être même de Chine de nombreux autochtones qui eurent pour tâche de recréer le jardin d’Eden, version monacale, c’est-à-dire, sans femmes et sans pêchers.</p>



<p>Aujourd’hui, ce paradis se visite par tous les temps grâce aux voiturettes électriques mises à disposition aux entrées A, C et E (voir plan en annexe).</p>



<p>Ne manquez sous aucun prétexte le rond-point du Baobab. C’est en effet à cet emplacement exact que le Comte Armand de Fines Herbes occit le Marquis Gustave de la Feuille Plissée du Bouc lors d’un duel mémorable. Puis, le pauvre comte, alors qu’il se préparait à fêter dignement sa victoire, se prit les pieds dans l’une des racines du baobab et mourut transpercé de part en part par son épée encore couverte du sang de son opposant, le mari cocu*.</p>



<p>Signifions à nos lecteurs qui ne connaîtraient pas ce point précis de l’Histoire que la marquise se promenait bras dessus, bras dessous avec le comte son amant, tandis que le marquis embrassait à pleine bouche une jolie demoiselle, la promise du jeune comte. Par un malencontreux hasard, ils étaient tombés nez à nez au détour du baobab.</p>



<p>On susurre du bout des lèvres que les deux femmes se consolèrent très bien ensemble. Mais nous disons ça, nous ne disons rien&nbsp;!</p>



<p>*Voir aussi <em>Café Machin</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cristina Córdula</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/cristina-cordula/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 20:23:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[satirique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://alicedecastillon.com/?p=23</guid>

					<description><![CDATA[Ma chériiiiie&#160;! tu vois, c&#8217;était un sublaïme après-midi de septembre, le temps idéal pour faire du shopping, pas trop chaud, pas trop froid, juste parfait. Alors, la nana, une blonde canon, mais ca-non, je te dis, un «&#160;8&#160;» parfait, probablement la petite cinquantaine, mais franchement, je te juuuuure, on ne lui en donnerait pas plus [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ma chériiiiie&nbsp;! tu vois, c&rsquo;était un sublaïme après-midi de septembre, le temps idéal pour faire du shopping, pas trop chaud, pas trop froid, juste parfait. Alors, la nana, une blonde canon, mais ca-non, je te dis, un «&nbsp;8&nbsp;» parfait, probablement la petite cinquantaine, mais franchement, je te juuuuure, on ne lui en donnerait pas plus que quarante. Elle avait un sac démentiel. Bref, elle est entrée chez «&nbsp;Saint-Flour&nbsp;» et a commandé un <em>latte macchiato</em>. Tu sais que Roberrrto, il fait des latte comme un dieu&nbsp;?</p>



<p>Elle s&rsquo;est installée près de la fenêtre, a mis ses jambes en valeur, oh et ses chaussures, je ne t&rsquo;ai pas parlé de ses chaussures&nbsp;? Bon, bon, une autre fois, d&rsquo;accord&nbsp;! Alors, elle était assise là à siroter tranquillement son <em>latte</em>, quand un jeune homme s&rsquo;est approché et lui a demandé l&rsquo;heure. Tu vois Cannes&nbsp;? Tu vois Hollywood&nbsp;? C&rsquo;est lui ma chérie&nbsp;! La chance, je te jure&nbsp;!</p>



<p>Et bang&nbsp;! le serveur est arrivé comme Zorro, s’est planté entre les deux et l’a renseigné. Non, mais non, mais non, mais non&nbsp;! ce n&rsquo;est pas pos-si-ble&nbsp;! Heureusement, la femme a renvoyé le serveur illico derrière son comptoir et a sauté sur l&rsquo;occasion pour inviter le demi-dieu à sa table. Mais non, pas Roberrrto, le jeune inconnu, faut suivre ma chérie&nbsp;!</p>



<p>Bon, je ne sais pas de quoi ils ont causé, mais ils semblaient bien s&rsquo;entendre. Ils sont restés des heures là, à siroter des <em>macchiato</em> et déguster des macarons. Ma chériiiie, t&rsquo;as goûté ceux framboise-romarin&nbsp;? Une tuerie, je te dis. Ceci dit, je ne sais pas comment elle fait pour rester mince avec tout ça. Elle doit avoir un métabolique spécial.</p>



<p>Et tu sais quoi, ma chérie&nbsp;? Ils sont repartis ensemble&nbsp;! Je les ai vus aller au Jardin botanique et c&rsquo;est là, bang&nbsp;! qu&rsquo;ils sont tombés sur le mari. Oui, son mari à elle&nbsp;! Hyper bien zappé, un costume de chez Julien Scavini, grand, très bien conservé. Mais bon, la coloration comme ça, noire, avec sa tête qui affiche quand même un certain chiffre au compteur, ça ne va pas, mais pas du tout&nbsp;! C&rsquo;est la cerise sur le pompon, je te jure.</p>



<p>Oh lalaaaa lalaaaaaaaaaa, mais tu ne devineras jamais qui le mari tenait dans ses bras&nbsp;? Une toute jeune femme. Mais c&rsquo;est l&rsquo;horreur&nbsp;! C&rsquo;est pas possible ses sourcaïls, c&rsquo;est la forêt amazonique. Aucun staïle, un long pull qui couvrait toute sa silhouette, un «&nbsp;H&nbsp;» probablement, alors qu&rsquo;elle aurait pu être jolie. Ah non, mais là il faudrait tout changer&nbsp;! Et son maquillage, <em>my god</em>&nbsp;! On aurait dit qu&rsquo;elle s&rsquo;était tartinée avec le reste du petit-déj. Il faut dire qu&rsquo;elle avait pleuré et que ça avait tout barbouillé. Oui, ma chérie, je sais qu&rsquo;elle avait pleuré, parce qu&rsquo;elle avait les yeux rouge&nbsp;! Même quand on ne sait pas se maquiller, on ne se met pas du rouge sur les yeux. Un premier vrai chagrin d&rsquo;amour apparemment. Pauvre petiote, heureusement que sa famille était là pour la soutenir.</p>



<p>Quoi, mais qu&rsquo;est-ce que tu avais imaginé&nbsp;? Un jour, ça va te jouer des tours ma chérie. Bien sûr, c&rsquo;était son père et sa mère. Et le jeune homme&nbsp;? son frère, évidemment. Oh lalaaaaaa lalaaaa, mais ma chériiiiie&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
