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	<title>historique &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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	<description>Courtes histoires à lire entre deux pauses</description>
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	<title>historique &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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		<title>La chute italienne des égoïstes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:20:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[historique]]></category>
		<category><![CDATA[social]]></category>
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					<description><![CDATA[Les flammes vacillantes des torches ruisselaient dans l&#8217;Arno, plongeant entre les embarcations. Le regard de Lorenzo se noya dans ce clair-obscur. Accroupi sur la berge, à l&#8217;écart de l&#8217;antique ponte Vecchio détruit[1] et de la foule pressée de regagner ses pénates, il se balançait, irrésolu. En avant, très en avant, sa tête irait heurter le [&#8230;]]]></description>
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<p>Les flammes vacillantes des torches ruisselaient dans l&rsquo;Arno, plongeant entre les embarcations. Le regard de Lorenzo se noya dans ce clair-obscur. Accroupi sur la berge, à l&rsquo;écart de l&rsquo;antique <em>ponte Vecchio</em> détruit<a id="_ftnref1" href="#_ftn1"><sup>[1]</sup></a> et de la foule pressée de regagner ses pénates, il se balançait, irrésolu. En avant, très en avant, sa tête irait heurter le fond de la rivière et ses soucis se disperseraient au fil du courant. En arrière, le terre-plein soulèverait la boue des jours d&rsquo;orage. Il ne savait plus comment reprendre pied, le beau Lorenzo aux boucles noires, maître huchier de renom.</p>



<p><em>Il signor</em> Perondoli l&rsquo;avait rejoint à l&rsquo;atelier tout à l&rsquo;heure. Il avait admiré le dressoir sur lequel l&rsquo;artisan travaillait, une pièce de bois précieux sculpté à claire-voie d’arcatures qui aurait dû magnifier la salle de réception de son <em>palazzio</em>. Il avait tourné en rond, triturant les outils, caressant les différents ouvrages en cours de réalisation. L&rsquo;aveu peinait s’extirper de sa bouche. Lorenzo, sentant que son client piétinait dans ses pensées, incapable de déclencher la foudre qui pourtant n&rsquo;allait pas tarder à s&rsquo;abattre sur lui, le devança : « Vous n&rsquo;êtes plus en mesure de me régler, c&rsquo;est bien ce que vous êtes venu me dire ? ». <em>Il signor</em> Perondoli soupira, s&rsquo;assit, se releva, soupira encore et confessa qu&rsquo;il était ruiné, que son <em>palazzio</em>, sa maison de campagne, ses autres biens, tout serait revendu pour éponger tant bien que mal ses créances. Il se justifia, ce n&rsquo;était pas sa faute, qu&rsquo;il n&rsquo;avait fait que tenter de rétablir la situation catastrophique dans laquelle Florence était plongée depuis quelques mois<a id="_ftnref2" href="#_ftn2"><sup>[2]</sup></a>. Et que, oh, il n&rsquo;était pas le seul, que d&rsquo;autres étaient tombés avec lui et que même les plus grands allaient choir, eux aussi, entraînant dans leurs jupes une myriade d&rsquo;innocents comme lui. Lorenzo coupa sa verve et le poussa, colère contenue, vers la porte. Ce n&rsquo;était pas le premier acheteur qu&rsquo;il perdait ainsi, mais serait-ce le dernier ?</p>



<p>Il contempla l&rsquo;eau du fleuve qui ne semblait pas être emporté par la frénésie qui secouait la ville. À la tombée du jour, elle ne charriait que les lumières frémissantes des flambeaux portés par les passants. Et la clameur du peuple. Combien étaient-ils dans son cas, artisans et commerçants, engagés dans des travaux pour ces marchands qui avaient accordé leur confiance aux magnats de la finance&nbsp;? Ces puissants qui brassaient or et argent de par l&rsquo;Europe, prêtant aux princes, à l&rsquo;État. Ces banquiers qui d&rsquo;un trait de plume pouvaient changer le cours de l&rsquo;histoire, effaçant de leur livre de compte les avoirs des nouveaux ennemis ou octroyant des avances à des monarques réputés insolvables en échange de faveurs, de petits arrangements entre amis. Démonstration d’ego, paroxysme du pouvoir.</p>



<p>De toute part, la confiance, valeur primordiale dans ce monde, s&rsquo;effritait. Édouard III, roi d&rsquo;Angleterre, qui venait de perdre une énième bataille, avait annoncé qu&rsquo;il ne rembourserait pas les quelques centaines de milliers de florins d’or qu&rsquo;il devait aux Bardi et aux Peruzzi. Les financiers, avertis à temps par courriers express, avaient pu revendre une part de leur capital mobilier et immobilier pour faire face à la ruée des petits épargnants qui n&rsquo;avaient pas tardé à réclamer leur avoir. Ces puissantes compagnies avaient vacillé, mais tenaient encore sur leur socle de roc. Pourtant, la pyramide s&rsquo;effritait et quelques pierres avaient atteint les entreprises moins colossales, telles que celle de son client, la banque Perondoli<a id="_ftnref3" href="#_ftn3"><sup>[3]</sup></a>. La chute touchait les plus fragiles et lui, Lorenzo, assis tout en bas, essuyait les débris de l&rsquo;avalanche. Il avait travaillé dur pour que le dressoir soit livré dans le délai convenu. Ses ouvriers, ses apprentis n&rsquo;avaient pas rechigné à la tâche. Le mois passé, lorsqu&rsquo;il avait perdu une commande dans les mêmes circonstances, il avait serré les dents, demandé à son épouse de prendre les mesures nécessaires pour limiter les dépenses du ménage. Mais cette fois-ci, il s&rsquo;était écroulé. Comment allait-il payer son personnel ? Il était leur maître, les hébergeait, les nourrissait. Il en était responsable.</p>



<p>Les eaux noirâtres de l&rsquo;Arno lui avaient paru la meilleure solution. Sa femme retrouverait bien vite un autre homme, un autre huchier qui saurait mieux que lui imposer ses conditions aux acquéreurs, qui redresserait la situation, apportant un peu de liquidité à l&rsquo;affaire. Mais Lorenzo, les bras ballants, le menton appuyé sur ses genoux, la tête de plus en plus courbée vers le fleuve, le beau Lorenzo, fut pris d&rsquo;un doute. Était-ce vraiment la solution ? L&rsquo;or et l&rsquo;argent n&rsquo;allaient pas cesser de circuler, il le supposait tout du moins. Si les Bardi, les Peruzzi tombaient un jour<a id="_ftnref4" href="#_ftn4"><sup>[4]</sup></a>, d&rsquo;autres s&rsquo;engouffreraient dans la place. Et c&rsquo;était en ces nouveaux financiers qu&rsquo;il fallait accorder sa confiance. Lui-même n&rsquo;avait pas d&rsquo;épargne à déposer, mais ses clients n&rsquo;en manquaient pas. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, un certain Averardo de Medici<a id="_ftnref5" href="#_ftn5"><sup>[5]</sup></a>, drapier de son état, semblait s&rsquo;y connaître un peu. Il irait lui parler, lui demander conseil. Et si cela n&rsquo;apportait rien, Lorenzo reviendrait ici, entre chien et loup, s&rsquo;enfouir dans la vase de l&rsquo;Arno.</p>



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<p><a id="_ftn1" href="#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>Le Ponte Vecchio, construction de bois remontant à l’époque romaine, fut détruit en 1333. Il ne fut reconstruit en pierre qu’en 1345.</p>



<p><a id="_ftn2" href="#_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>Un krach financier d’une grande ampleur frappa Florence (et Florence uniquement) dans les années 1340 &#8211; 1345</p>



<p><a id="_ftn3" href="#_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>D’autres petits établissements tombèrent au cours de l’année 1343 : les Antella, Cocchi, Bonacarsi, Corsini, da Uzzano et Castellani.</p>



<p><a id="_ftn4" href="#_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>Ce fut le cas !</p>



<p><a id="_ftn5" href="#_ftnref5"><sup>[5]</sup></a>Le premier Medici dont on a la trace. Membre de la corporation de la laine et changeur sans grande envergure à ce moment-là de l’histoire.</p>
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		<title>L&#8217;amant des arts</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/lamant-des-arts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:07:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[historique]]></category>
		<category><![CDATA[poétique]]></category>
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					<description><![CDATA[D&#8217;un trait vif, il esquissa les yeux fatigués de Louise. Il redonna à sa silhouette pesante, alourdie par les aléas de sa morne existence, une seconde vie. Qu’il fût attablé à la terrasse d&#8217;un bistrot de la butte Montmartre, dans les coulisses de la Gaité Rochechouart ou vautré sur les divans de La Fleur blanche, [&#8230;]]]></description>
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<p>D&rsquo;un trait vif, il esquissa les yeux fatigués de Louise. Il redonna à sa silhouette pesante, alourdie par les aléas de sa morne existence, une seconde vie. Qu’il fût attablé à la terrasse d&rsquo;un bistrot de la butte Montmartre, dans les coulisses de la <em>Gaité Rochechouart</em> ou vautré sur les divans de <em>La Fleur blanche</em>, il dessinait des corps perdus. Il ne s&rsquo;intéressait qu&rsquo;à elles. Elles, ses filles sans joie qui glissaient sur l’espérance, tel un automate, le regard sans rêve. Comme Louise, comme Rosa la Rouge qui chaque nuit, chaque jour offrait leur défroque vidée de leur âme. Il les croqua souvent, non pas rafistolées ou rajeunies, juste comme elles étaient, de simples roses un peu fanées. Il reprit son dessin. Louise n&rsquo;avait pas bougé, elle attendait toujours le passant qui la posséderait pour une heure ou deux. D&rsquo;un mouvement sûr, il ajouta une ombre qui planait sur le visage de son modèle. Elle n&rsquo;était pas de celles dont l&rsquo;éclat redorait le faste des bourgeois. Il souligna la bouche d&rsquo;un trait épais. Lippe pulpeuse. Pour apaiser les ténèbres qui louvoyaient dans ses pensées, il but une gorgée de sa mixture personnelle&nbsp;: absinthe et cognac. Le relief piqueté de pointes acérées sembla s&rsquo;aplanir. L&rsquo;alcool fit taire les ricanements qui surgissaient dans sa tête. Les bassesses de son monde s&rsquo;éloignèrent. Henri crayonna les lèvres. Non pas pulpeuses&nbsp;: généreuses. Louise, Rosa, toutes ces pauvres créatures l&rsquo;avaient accepté dans son intégrité malmenée. Demi-homme parmi ses roses piétinées, il leur rendit hommage en les dessinant, encore et encore. Qu’ils se raillent, les autres&nbsp;! Peu lui importait. Ces filles – ses filles – il les hissa au cœur de son art.</p>



<p>L’histoire ne retiendra pas le nabot disgracieux, mais l’artiste qui sut rendre à ses femmes leur humanité. Son nom&nbsp;? Henri de Toulouse-Lautrec</p>
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		<title>Le baiser des flammes</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-baiser-des-flammes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 11:41:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[historique]]></category>
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					<description><![CDATA[Marseille, fin mai 1720 Marie Dauplan avait l’habitude des matelots&#160;: dix ans qu’elle était lavandière sur le port de Marseille, autant d’années à laver les chemises des marins qu’à soulager leurs effusions après de longs mois d’abstinence. Alors, quand elle fut mandée sur le Grand-Saint-Antoine, elle n’imagina pas une seconde que son destin allait très [&#8230;]]]></description>
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<p><em>Marseille, fin mai 1720</em></p>



<p>Marie Dauplan avait l’habitude des matelots&nbsp;: dix ans qu’elle était lavandière sur le port de Marseille, autant d’années à laver les chemises des marins qu’à soulager leurs effusions après de longs mois d’abstinence. Alors, quand elle fut mandée sur le <em>Grand-Saint-Antoine</em>, elle n’imagina pas une seconde que son destin allait très bientôt être scellé.</p>



<p>À bord de ce navire marchand, elle commença par ravauder les pièces les plus esquintées&nbsp;: renforcer les œillets maltraités de la culotte d’un mousse – trop freluquet et surtout bien trop jeune&nbsp;; recoudre un bouton sur le gilet d’un matelot – encore frais, musclé à souhait, aux yeux d’un bleu de ciel de Provence&nbsp;; repositionner une passementerie sur le justaucorps du capitaine Chataud – un homme fier, mais déjà fatigué.</p>



<p>Son inspection de l’équipage l’amena dans les cales du navire, entre sacs de coton et ballots de soieries précieuses, sur une pile de tapis de Damas ou entre les caisses d’épices fort coûteuses. On la prit ou elle se donna, peu importait, car elle fut récompensée par quelques piécettes et deux toises de soie grège.</p>



<p>Elle repartit sur le port avec ses trésors et les hardes à savonner. Elle s’acquitta de sa tâche avec conscience professionnelle tout en repensant aux yeux lapis-lazuli. Elle s’était liquéfiée dans ses mains de marin qui avaient parcouru son corps avec faim. Il l’avait prise brutalement d’abord, l’avait poussé sans ménagement sur un paquetage de fines mousselines, la retournant en tout sens, puis, son feu calmé, son corps se fit plus tendre, ses doigts explorateurs. Elle frissonna aux souvenirs de ses caresses, ses mains écartant les siens, remontant l’avant-bras avec délice, ses baisers, timides d’abord, sur les paupières, tout soyeux, puis le long du lobe de l’oreille, sa bouche mordillant, tout doux, son cou&nbsp;; touches légères. Cette tendresse subite, quasi inconnue pour l’un comme pour l’autre, répondait à un besoin intense d’amour.</p>



<p>Marie s’enhardit et le caressa à son tour, laissa promener son index sur son torse viril, effleura le téton gauche, glissa effrontément vers son bas ventre et, se conformant aux soupirs de plus en plus rauques de son amant, s’empara de son sexe puissant. Il répondit en pétrissant sa lourde poitrine, y plongeant sa tête tout entière et aspirant goulûment les pointes tendues. Puis, relevant ses jupes, descendit au plus profond de son intimité.</p>



<p>Jamais elle n’avait connu ce paroxysme, toujours soumise à la brutalité des hommes, à leur férocité, à la nécessité de rapports à la sauvette.</p>



<p>Le reverrait-elle dans deux jours lorsqu’elle devrait retourner le linge comme convenu&nbsp;? C’était fort probable. Elle soupira d’aise, même si son plaisir était gâché à l’idée que le capitaine ne manquerait pas, lui non plus, d’exiger d’elle un petit extra. Peut-être lui donnerait-il une deuxième pièce de soie ou une fine cotonnade&nbsp;?</p>



<p>Le coupon qu’elle avait présenté à Madame Grimaud, la femme du docteur, avait remporté un vif succès et cette dernière, pour qui pavoiser parmi les bourgeoises relevait d’une importance sociale capitale, lui avait d’ores et déjà glissé à l’oreille que si, par hasard, par chance, elle pouvait en obtenir une autre – plus grande peut-être – elle la lui achèterait avec joie. Marie sourit à la pensée de la coquette Madame Grimaud, qui s’était empressée de dépêcher sa couturière pour lui commander un tablier de fête.</p>



<p>Hélas, rien ne se passa comme prévu. Le soir même, Marie fut prise d’une forte fièvre, suivie de violentes céphalées et finalement de frissons irrépressibles. Elle décéda avant l’aube, laissant ses nombreux marmots dans la plus noire misère. Quelques jours plus tard, le bruit courut dans Marseille que Madame Grimaud, ainsi que sa couturière, avaient succombé elles aussi.</p>



<p>Cette funeste pestilence se propagea ainsi de soierie en lainage, de lin en coton, de tiretaine en chanvre et gagna en quelques jours toute la ville. Logées dans les tissus, les puces, porteuses de la mort, se faufilèrent dans les vêtements des pauvres comme des riches, profitant de la chaleur de ce début d’été provençal et de l’humidité des corps pour s’y développer à loisir. Baisers, embrassades, accolades ou frôlements, elles voyagèrent rapidement et efficacement&nbsp;: tous les malheureux qui entrèrent en contact avec elles succombaient en quelques jours. Devant le désastre annoncé, les habitants les plus fortunés s’enfuirent pour s’installer dans leur bastide champêtre, emmenant dans leur bagage le terrible fléau.</p>



<p>Il fallait réagir, exterminer cet ennemi invisible, suppôt de Satan. On fit appel aux flammes et au soufre, puissants purifiants, supposés capables d’éloigner ce diable&nbsp;: la peste. Marseille s’embrasa pendant trois jours et trois nuits, un brasero allumé devant chaque foyer, chaque portion de rempart. Une vision dantesque pour les habitants confinés dans l’enceinte des murs&nbsp;; une ultime prière devant l’inexprimable.</p>



<p>Le <em>Grand-Saint-Antoine</em> avait amené l’horreur dans ses cales et le baiser de la soie la répandit dans toute la Provence.</p>
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