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	<title>érotique &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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	<description>Courtes histoires à lire entre deux pauses</description>
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		<title>La correspondance d&#8217;Adèle Bloch-Bauer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:22:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[épistolaire]]></category>
		<category><![CDATA[érotique]]></category>
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					<description><![CDATA[Vienne, mai 1905 Mon hibou, mon grand-duc, tout de plumes soyeuses vêtu, comme tu es doux dans ma main. Ta présence m&#8217;inspire, transporte mon imagination au-delà de la bienséance. Si mon mari savait où tu es capable de m&#8217;emmener&#160;! Caresse-moi, descends avec langueur entre mes fesses, fais-moi vibrer sous tes rémiges, ouvre-moi sous tes délices. [&#8230;]]]></description>
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<p>Vienne, mai 1905</p>



<p>Mon hibou, mon grand-duc, tout de plumes soyeuses vêtu, comme tu es doux dans ma main. Ta présence m&rsquo;inspire, transporte mon imagination au-delà de la bienséance. Si mon mari savait où tu es capable de m&#8217;emmener&nbsp;! Caresse-moi, descends avec langueur entre mes fesses, fais-moi vibrer sous tes rémiges, ouvre-moi sous tes délices. Cet après-midi encore, juste avant l&rsquo;heure de la pose, tu m&rsquo;as attisée. Klimt m&rsquo;a retrouvée rosie d&rsquo;émotion, les cuisses moites, les yeux accrochés à son regard, toute transie dans l&rsquo;attente de quelque chose, d&rsquo;autres choses.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ton Adèle d’amour</em></p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>Vienne, décembre 1905</p>



<p>Mon lapin, mon doudou tout doux, ta fourrure me rend folle. J&rsquo;y frotte ma joue, y glisse mes doigts, tire sur tes poils soyeux. Il s&rsquo;en est fallu de peu que ma femme de chambre te surprenne ce matin, ta tête sur ma poitrine. Mon drap te cachait et j&rsquo;ai pu plaider l&rsquo;innocence, prétextant une migraine pour jouir de toi quelques minutes de plus. Car je dois t&rsquo;avouer, tu es le seul à pouvoir dresser mes seins avec autant de persuasion. Une frêle caresse et je suis au bord de l&rsquo;étourdissement. Un besoin intense se propage entre mes reins et tout mon corps se tend vers quelque chose. J&rsquo;ai guetté, mais rien n&rsquo;est venu.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Adèle ta belle</em></p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>Vienne, juillet 1906</p>



<p>Ma fleur, mon ensorceleuse, que de rêves m&rsquo;as fournis ton bouton de métal glacé&nbsp;! Avant même de t&rsquo;avoir entre mes mains, je t&rsquo;ai vue, je t&rsquo;ai sentie, imprimée dans ma chair. Combien de fois je t&rsquo;ai imaginé tournoyer dans mon cul, tel un tournesol enfievré, manipulé par un amant romanesque tandis que je chevauche un fougueux destrier. Puis je t&rsquo;ai fait exécuter par mon ami Emil Fuchs, sculpteur de renom. Tu es là désormais, petite fleur, couchée sur un écrin de velours, comme le plus précieux des bijoux. Mais j&rsquo;attends encore le poète qui viendra me planter ton bouton d&rsquo;argent, me tourmenter, me malmener. Je sens que je m&rsquo;écarte à cette idée, que je suinte d&rsquo;impatience. Klimt se délecte à ma vue, mais ne fait pas un geste vers moi. Pourquoi, pourquoi&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Ton Adèle au cœur tendre</em></p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>Vienne, avril 1907</p>



<p>Mon canard, mon caneton mignon, objet de tentation, que fais-tu là dans ma baignoire&nbsp;? Tu nages vers moi, créant des vagues, de puissants ressacs qui s&rsquo;engouffrent dans mon intimité. Les remous atteignent mon ventre et s&rsquo;écrasent sur mes seins. Tu échoues sur ma presqu&rsquo;île, hochant la tête avec frénésie, titillant mes sens. Je te relance à mes pieds, mais tu reviens, inexorable aiguillon, emportant avec toi une lame à chaque fois plus sauvage et comme à chaque fois, tu te heurtes au même endroit, frappant du bec mon précieux Vésuve. Il avait raison, Klimt. Tu es capable de bien plus que je ne l&rsquo;eus imaginé en te voyant. Il t&rsquo;as glissé sous ma robe, comme un cadeau, un jour où je posais pour lui, peut-être un peu trop lascive, un peu trop impudique. Il m&rsquo;a promis qu&rsquo;une fois le tableau terminé, il me montrerait des choses. Bien d&rsquo;autres choses.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Adelinou-miaou</em></p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p>Vienne, novembre 1907</p>



<p>Mon roc, mon piton, toi au moins, tu ne me décevras jamais. Klimt est venu, fanfaron, le regard fier, l&rsquo;épée dardante. Il a cru m&rsquo;enivrer alors qu&rsquo;il m&rsquo;a ennuyé. Il a rêvé pour moi de septième ciel alors que j’ai à peine décollé. Son pieu, certes chaud et actif n&rsquo;est rien à côté de toi, mon gourdin. Toi qui n’es rien qu’à moi, granitique, prêt à servir en tout lieu, en tout temps. Avec tes collègues, la plume, le lapin, le bouton de fleur et le petit canard rose, vous êtes mes meilleurs alliés. J&rsquo;ai appris à vous osciller en tous sens, j&rsquo;ai développé une certaine dextérité, une souplesse qui m&rsquo;étais, il y a peu, encore inconnues. Je n&rsquo;ai plus envie de Klimt, ou de quiconque. Quant à mon mari, il vous a découvert dans mon coffret à bijoux. Il a souri et est reparti vers d&rsquo;autres rivages, sans un mot. Je suppose qu&rsquo;il me préfère savoir avec vous qu&rsquo;avec un personnage public un peu trop voyant. Je n&rsquo;ai besoin de personne désormais.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Adèle Bloch-Bauer, à toi pour la vie</em></p>



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<p>Cette nouvelle est parue dans la <strong><a href="https://litt-orale.com/" rel="noopener">Revue Litt’Orale</a></strong> en décembre 2019 et a été lue par <a href="https://litt-orale.com/wp-content/uploads/2019/12/LaCorrespondanceDAdeleBlockBauer.mp3" rel="noopener"><strong>Barbara Suie</strong></a></p>
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