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	<title>absurde &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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	<description>Courtes histoires à lire entre deux pauses</description>
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	<title>absurde &#8211; Alice de Castillon &#8211; Autrice</title>
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		<title>Le vin des collections</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-vin-des-collections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:31:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[ironique]]></category>
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					<description><![CDATA[— Et arôme de pêche-coriandre pour celui-ci. Qu&#8217;en pensez-vous&#160;? — Je déteste la coriandre. Je cherche quelque chose de plus léger, plus fleuri. —Alors notre collection d&#8217;été devrait vous plaire. Elle nous a été inspirée par des imprimés champêtres. Sachez aussi que nous préparons déjà la version automnale, fragrance boisée et truffée. Albert, accoudé avec [&#8230;]]]></description>
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<p>— Et arôme de pêche-coriandre pour celui-ci. Qu&rsquo;en pensez-vous&nbsp;?</p>



<p>— Je déteste la coriandre. Je cherche quelque chose de plus léger, plus fleuri.</p>



<p>—Alors notre collection d&rsquo;été devrait vous plaire. Elle nous a été inspirée par des imprimés champêtres. Sachez aussi que nous préparons déjà la version automnale, fragrance boisée et truffée.</p>



<p>Albert, accoudé avec grâce à l&rsquo;un des présentoirs de cristal, sourit dans sa fine moustache lustrée. La scène est délicieuse et il s&rsquo;en repaît avec jouissance. Le vendeur fait miroiter le flacon regorgeant d’un liquide bordeaux devant les yeux de sa cliente, mi-bobo, mi-artiste. La boutique se la joue chic et tendance, haut de gamme avec nonchalance, sise en notable position dans ce centre commercial du Faubourg Saint-Honoré.</p>



<p>Mais Albert n&rsquo;est pas là pour ces vins concentrés et parfumés hors de prix. Il chasse la cougar encore fraîche et bien nantie. Pour l&rsquo;heure, mise à part la très parisienne pète-sec qui donne du fil à retordre au commerçant, il n&rsquo;y a guère de poissons dans la nasse. Juste un quadra, smartphone à bout de bras qui flashe un énorme QRcode à ses pieds et vers l&rsquo;entrée, une agente de sécurité ceinte d&rsquo;un gilet pare-balle fort peu seyant.</p>



<p>Au loin pourtant, dans la galerie, les yeux d&rsquo;Albert vrillent sur une belle blonde, les bras tout étirés par ses nombreux achats qui dodelinent sur ses chevilles. Elle semble se diriger vers <em>Vins</em> <em>Monogram</em>. Le jeune homme se redresse, lisse sa moustache, vérifier sa mèche faussement rebelle, ajuste le pli de son pantalon. Sa montre de luxe bien en évidence — un cadeau d&rsquo;une précédente conquête — il se tient prêt à harponner sa proie.</p>



<p>Soudain, un flash vert zèbre l&rsquo;espace. Albert, aveuglé par l&rsquo;intense lumière, retient un cri. Mazette&nbsp;! Un pan entier du magasin s&rsquo;écroule dans une herbe luisante. S&rsquo;il le pouvait, il fuirait à toutes jambes. Mais il reste là, coincé, toujours souriant, benêt pétrifié.</p>



<p>— Crisp&nbsp;!</p>



<p>Le vendeur et sa cliente viennent de disparaître à leur tour dans le pré. Une demi-vache trône désormais en son sein, mamelle rose gonflée de fierté.</p>



<p>Albert, les pieds statufiés dans l&rsquo;URL de <em>Vins</em> <em>Monogram</em>, ne réagit plus. Il sait qu&rsquo;il va se dissoudre dans quelques secondes, emporté dans un tourbillon de colle, remplacé d&rsquo;un coup de balai énergique par un pot de yaourt <em>Hel&amp;Vivre</em>.</p>



<p>L’afficheur se hâte, la pause café l’attend au bout de la rue. Il ne prête pas attention à l’ultime souhait d’Albert&nbsp;: renaître quelque part dans cette ville, sur l&rsquo;un des plus beaux emplacements publicitaires de la capitale.</p>



<p>— Crisp&nbsp;!</p>
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		<item>
		<title>Le passage des lumières</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-passage-des-lumieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 10:30:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
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					<description><![CDATA[Un dernier coup de reins, et son quota atteint, il pourrait enfin se reposer. Cinq minutes que Ssaxy s&#8217;échinait sans grande passion, l&#8217;œil vissé sur cette horrible suspension hétéroclite. Les fils métalliques vacillaient sous le souffle des participants. Ils vibraient sous leurs cris rauques, se trémoussaient sous la brise des va-et-vient lascifs, brillaient quand l&#8217;un [&#8230;]]]></description>
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<p>Un dernier coup de reins, et son quota atteint, il pourrait enfin se reposer. Cinq minutes que Ssaxy s&rsquo;échinait sans grande passion, l&rsquo;œil vissé sur cette horrible suspension hétéroclite. Les fils métalliques vacillaient sous le souffle des participants. Ils vibraient sous leurs cris rauques, se trémoussaient sous la brise des va-et-vient lascifs, brillaient quand l&rsquo;un d&rsquo;entre eux parvenait à la jouissance.</p>



<p>Allez, il devait se motiver, l’issue approchait. Ssaxy reprit le contrôle de son corps, se concentra sur l&rsquo;image holographique qu&rsquo;il avait choisie pour cette session&nbsp;: une fille, jeune, filiforme, jambes interminables, buste menu et volumineuse crinière bouclée d&rsquo;un roux cuivré. Il resserra le rythme, s&rsquo;accrocha aux poignées de cuir, poignées d&rsquo;amour, se laissa envahir par ses fantasmes. Cela devenait de plus en plus difficile. Son temps était compté, il en était conscient. Quel serait son prochain job&nbsp;? Il rêvait d’un plan peinard, entre trombones et séminaires dans les lunes. Comme s&rsquo;il avait le pouvoir de décision&nbsp;! Veine chimère.</p>



<p>Il secoua la tête. Ne pas se disperser, sa verge se ramollirait et tout serait à recommencer. Pourtant, le vagin en élastomère silicone à réticulation était, paraissait-il, aussi doux, aussi chaud et humide que la version originale. Peut-être aurait-il dû sélectionner un autre hologramme&nbsp;? Mais son préféré — une brunette à lunette — ne semblait plus fonctionner. Il avait espéré qu&rsquo;un peu de changement l&rsquo;aurait lutiné. Malgré les pilules bleues qu&rsquo;on le forçait à avaler, il avait la forme en berne. Autour de lui, ses collègues avaient presque tous terminé. L&rsquo;on entendait que quelques bruyants soupirs, un cri ici ou là. La suspension, témoin de leur production, ne vibrait presque plus. Il devait se bouger les fesses s’il ne voulait pas finir bon dernier.</p>



<p>Il ferma les yeux, fit place nette dans sa tête. Toile blanche. Des éclairs bleutés zébrèrent sa vision. Un frisson électrique transperça son épine dorsale. Un halo d&rsquo;or d&rsquo;une brève intensité éclaboussa sa trame. Ses cuisses le brûlaient. Un astre rougeoyant emplit son torse, se dispersa autour de lui. La température grimpa d&rsquo;un degré. Ssaxy crispa les paupières. <em>Ça venait</em>. Plus rien ne pouvait le retenir. Il stoppa net, jouit de cet instant de plénitude, les muscles tendus en arc. Des vibrations sourdes remontèrent le long de ses jambes, de ses bras. Son cou pulsa, son bas ventre devint bois. Une dernière saillie, il buta contre le fond du réceptacle avec toute la puissance contenue en lui. Son corps, supernova, explosa en mille et une étincelles. Il ne put voir la suspension s&rsquo;éclairer comme Vega tant il était encore pris dans la tourmente. Mais il sut qu&rsquo;il avait accompli sa mission à la perfection.</p>



<p>Ssaxy reprit son souffle, ouvrit les yeux et contempla avec stupéfaction le compteur électrique&nbsp;: trois mega watt&nbsp;! Il venait de pulvériser le record absolu.</p>



<p>Ragaillardi, Ssaxy retourna à son <em>pod</em> un sourire extatique rivé sur ses lèvres. Il se glissa avec délice dans un bain chaud parfumé et rechargea ses batteries pour la session du lendemain. Comme toujours, il eut une pensée émue pour ses collègues qui s’échinaient à la Centrale à Énergie Sexuelle. Sans eux, la vie sur Dörving et ses deux lunes n’aurait vraiment rien d’enviable.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le sourire des abysses</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/le-sourire-des-abysses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 09:31:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
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					<description><![CDATA[De monumentales stalactites piquetaient la voûte de l&#8217;insondable grotte dans laquelle ils pataugeaient depuis de ce matin. Malgré les puissants coups de rames que Perrette donnait à leur faible embarcation, ils ne paraissaient guère progresser. Alors, pour passer le temps, elle comptait les crevasses et les boursouflures du dôme qui couvrait la mer intérieure qu&#8217;ils [&#8230;]]]></description>
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<p>De monumentales stalactites piquetaient la voûte de l&rsquo;insondable grotte dans laquelle ils pataugeaient depuis de ce matin. Malgré les puissants coups de rames que Perrette donnait à leur faible embarcation, ils ne paraissaient guère progresser. Alors, pour passer le temps, elle comptait les crevasses et les boursouflures du dôme qui couvrait la mer intérieure qu&rsquo;ils tentaient, tant bien que mal, de franchir. Il lui semblait pourtant que, depuis peu, les étoiles de ce firmament de calcaire ondoyaient avec concupiscence. De nouveaux éléments rocheux apparurent dans son champ de vision. Perrette mit bien quelques minutes à comprendre que c&rsquo;était leur barque qui avançait désormais à un rythme plus soutenu. Enfin&nbsp;! Elle contemplait tour à tour la raide falaise à sa droite et la plus imposante des pyramides inversées juste au-dessus de sa tête, quand soudain, elle lâcha les rames et cria à son compagnon&nbsp;:</p>



<p>— Mais grave&nbsp;! Le plafond s&rsquo;approche de nous ou j’ai la berlue&nbsp;?</p>



<p>SinBad, haussa les épaules. Ce qu&rsquo;elle pouvait être stupide cette laitière&nbsp;! Elle était venue le chercher sur le port d&rsquo;Amsterdam, alors qu&rsquo;il se tâtait, accoudé à une bitte d&rsquo;amarrage, hésitant entre une retraite bien méritée et une aventure sans lendemain. Elle lui avait venté une chasse au trésor sans risque, un gros pactole à la clé et peut-être plus si entente. Enfin, ça, c&rsquo;était ce qu&rsquo;il s&rsquo;était dit en la voyant bien fraîche, toute légère vêtue et les miches fort appétissantes. Comme il s&rsquo;ennuyait ferme, il avait accepté, mais à l&rsquo;unique condition qu&rsquo;il soit le Chef de l&rsquo;expédition. Bien sûr, elle avait consenti avec désinvolture, elle qui n&rsquo;était jamais sortie de son trou. SinBad, avachi à la poupe de cette prudhommesque barque, se prélassait dans les souvenirs de ses homériques aventures de jeunesse.</p>



<p>— Cruche&nbsp;! c&rsquo;est l&rsquo;eau qui monte, pas le plafond qui descend&nbsp;! D&rsquo;autant que le courant semble nous entraîner de plus en plus vite vers le fond de la grotte. Tant mieux, on ne devrait pas tarder à arriver. Que dit l’alexandrin&nbsp;?</p>



<p>Perrette hésitait. Jusqu&rsquo;à présent, SinBad ne lui avait guère inspiré confiance. Si elle était venue le chercher, c&rsquo;était pour l&rsquo;unique raison qu&rsquo;elle ne connaissait pas d&rsquo;autres marins célèbres et qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas osé s&rsquo;aventurer seule sur cette mer souterraine. Et puis, entre nous, sa coupine Shéhérazade allait avoir grand besoin d’histoires toutes fraîches, son nouvel amant ayant… (mais, chut&nbsp;! c’est un secret). Elle aurait peut-être dû faire appel au capitaine Haddock, mais ce pirate d&rsquo;opérette ne lui semblait pas avoir l&rsquo;expérience requise. Il clamait haut et fort avoir navigué sur tous les océans, mais elle se souvenait surtout de ses innombrables couillonnades. Enfin, SinBad était là et elle allait devoir lui accorder un minimum de confiance si elle voulait atteindre son but. Peu convaincue, elle récita cependant&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Sur la crique déserte, tu accosteras</em></p>



<p>— Mais je n’entraperçois pour l’instant que de vertigineuses falaises à perte de vue, ajouta Perrette.</p>



<p>— Attendons d&rsquo;avoir atteint l&rsquo;extrémité de cette grotte, il y a peut-être une ouverture tout au fond.</p>



<p>— Et s&rsquo;il y en a pas, on va finir écrabouillé comme une galette bretonne entre la voûte et la paroi. Ou alors, périr noyés, pleurnicha Perrette qui regrettait un tantinet n’être pas restée tranquillou dans sa ferme des Mille Vaches. Quelle idée aussi de toujours vouloir courir après d’éphémères fantasmes de fortune. La dernière fois, ça ne lui avait pas vraiment réussi. Ses chimères lui avaient fait perdre pied, l&#8217;empêtrant dans ses bidons qu&rsquo;elle avait envoyés valser au travers de la route. Adieu pots, adieu lait, adieu promesses de richesses. Combien d&rsquo;heures sup&rsquo; avait-elle dû accomplir pour rembourser son patron, se plier à ses quatre volontés, s&rsquo;éreinter à la tâche, tandis que ses collègues prenaient peinard leurs RTT&nbsp;? Ainsi, quand elle avait trouvé dans un Carambar ce rimaillon, en lieu et place de la stupide devinette habituelle, elle avait sautillé de joie&nbsp;: cette fois-ci, la fortune était à portée de main&nbsp;!</p>



<p>Les premiers vers promettaient en effet montagnes et merveilles.</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Au fin fond de l&rsquo;abysse, un trésor t’attendra</em></p>



<p>Perrette avait envoyé illico un texto à Jules Verne, le spécialiste des fonds marins, pour en savoir plus sur cette sceptique fosse. Il lui avait répondu en lui donnant une copie dédicacée de son <em>Voyage au centre de la Terre</em>, la page cinquante-quatre cornée et le nom du volcan — point d&rsquo;entrée de tous abysses respectables — surligné au Stabilo Boss orange. Très complaisant, le Jules.</p>



<p>Le vieux corsaire, par contre, ne s&rsquo;était pour le moment pas vraiment montré à la hauteur. Il avait passé les trois quarts du temps à ronfler à l&rsquo;arrière de la barque. Elle avait une forte envie de lui assener un coup de rame pour le dégourdir un peu. Mais bon, il pouvait encore servir.</p>



<p>Contrairement aux apparences, SinBad ne dormait pas. Il ré-flé-chis-sait. La petiote s&rsquo;était très bien débrouillée jusqu&rsquo;à présent pour déchiffrer l&rsquo;énigme. La seule difficulté fut de choisir la bonne bifurcation lors d&rsquo;un embranchement en Y. Ils naviguaient tranquillos sur un distingué canal lorsqu’ils s&rsquo;étaient trouvés devant deux vannes XXL, l&rsquo;une ouverte, l&rsquo;autre abaissée. Le vers spécifiait&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Press Up and Turn left, à la jonction des deux bisses</em></p>



<p>SinBad avait insisté, en tant que Chef de l&rsquo;expédition, pour qu&rsquo;ils ouvrent celle de gauche – fermant de ce fait celle de droite. Ils s&rsquo;engouffrèrent dans le passage ainsi libéré. Cela lui avait paru logique sur le moment. Pourtant, alors que l&rsquo;eau montait de plus en plus vite et que le courant semblait les emporter vers le fond de la grotte, il commençait à douter du bien-fondé de son choix. Il devait y avoir une ouverture, c&rsquo;était certain. Mais pourraient-ils passer au travers&nbsp;? Il regrettait d&rsquo;avoir oublié sa lorgnette. Quel crétin&nbsp;! Le manque d&rsquo;habitude ou la sénilité&nbsp;? Il ne restait plus qu&rsquo;à prier. Soudain, il tressaillit. Si sa vue n&rsquo;était plus ce qu&rsquo;elle était, son ouïe, grâce à Dieu, était encore de premier ordre. Il farfouilla la caverne du regard. Elle était éclairée, tout doux, grâce aux diverses lucioles, vers luisants et feux follets qui constellaient, telle une signalisation urbaine, les coins et recoins de la grotte. Un léger clapotis semblait s’approcher d&rsquo;eux.</p>



<p>— Perrette&nbsp;! tu n&rsquo;as rien entendu, chuchota-t-il. On dirait le même bruit que tout à l&rsquo;heure. Tu sais, avant l’intersection. On avait cru qu&rsquo;un bateau nous pourchassait.</p>



<p>Mais la jeune fille n&rsquo;avait rien ouï, toute perdue qu’elle était dans ses délires oniriques. Qui aurait donc pu les suivre, personne n&rsquo;était au courant de leur aventure&nbsp;? Enfin, si, monsieur Verne. Mais il ne savait rien du trésor. Aurait-il cafté&nbsp;; avait-il envoyé quelqu&rsquo;un à leur trousse&nbsp;? Perrette fit la moue. Pas étonnant, à la réflexion, pour quelqu’un qui a gagné sa croûte sur les dos d’un nombre incalculable d’improductifs baroudeurs. M&rsquo;enfin&nbsp;! ne pouvait-elle pas, au moins une fois dans sa vie, avoir de la chance&nbsp;?</p>



<p>— SinBad&nbsp;! je crois que ça ne sert plus à rien de ramer. Regarde, le courant nous entraîne sans que l&rsquo;on puisse y faire grand-chose. Où se trouvent les freins&nbsp;? On ne pourra pas accoster à cette vitesse&nbsp;!</p>



<p>— Voilà les freins, fillette&nbsp;! Au moment voulu, je lancerai cette corde, tel un lasso, sur un éperon rocheux.</p>



<p>— Pour l&rsquo;instant, je ne vois aucun éperon, soit-il de roche, de fer ou de béton&nbsp;! bougonna la laitière. Oh&nbsp;! mais si, regarde là&nbsp;!</p>



<p>— Vite, dans mes bras, jeune demoiselle&nbsp;!</p>



<p>— Ah ben ça, qu&rsquo;elle drôle d’idée&nbsp;!</p>



<p>— Mais si, vite&nbsp;! Je vais darder mon licol et à nous deux nous pourrons retenir la barque. Bouge ton popotin&nbsp;!</p>



<p>Perrette soupçonna le gros dégueulasse de profiter de la situation. Elle fit cependant ce qu’il lui avait demandé et le frêle esquif s&rsquo;arrêta comme par magie, pile-poil sur la petite crique. Occultée, telle qu’elle était par un – Hallelujah — providentiel éperon rocheux, il eût été quasi impossible de la trouver sans indices. Ils tirèrent leur rafiot à l&rsquo;abri et SinBad indiqua un recoin discret&nbsp;:</p>



<p>— Viens, allons derrière ce monticule.</p>



<p>— Pas question, je me méfie de toi maintenant&nbsp;!</p>



<p>— De moi&nbsp;? Quelle idée&nbsp;! On va se cacher là pour savoir s’il y a quelqu&rsquo;un qui nous poursuit. Viens, rapidos, j&rsquo;entends à nouveau le clapotis&nbsp;!</p>



<p>Une minute à peine s&rsquo;était écoulée quand ils avisèrent un radeau de fortune sur lequel se tenait fier comme Artaban, le légendaire Phileas Fogg. Impassible, il ne le resta pas longtemps. Emporté par le courant, sans avoir pu apercevoir la crique à temps, il glissa de plus en plus vite vers ce qui ressemblait à un siphon de baignoire. Dans un interminable cri de détresse, ils virent l&rsquo;intrépide aventurier se faire avaler par le tourbillon. Autant par déférence que par la rétrospective peur qu&rsquo;ils venaient de subir, ils firent une minute de silence. SinBad reprit le premier ses esprits.</p>



<p>— Voilà, ça, c&rsquo;est fait&nbsp;! Nous pouvons désormais poursuivre notre route.</p>



<p>La suite fut simplissime. Ils n’eurent qu’à emprunter un couloir désigné par un panneau lumineux «&nbsp;Sortie de Secours&nbsp;» qui les amena directement à leur destination&nbsp;: un abysse de fort belle proportion. Enfin à l’air libre&nbsp;! Le soleil se couchait avec délicatesse au-delà des montagnes, mais le fond du cratère était déjà plongé dans la pénombre.</p>



<p>Dire qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas une goutte d&rsquo;eau eût été un mensonge éhonté puisque quelques flaques résistaient çà et là et même un marais salé avait survécu au centre de l&rsquo;abysse. Quelques moutons Ouessant s’en approchaient cahin-caha, attirés comme des mouches par le vinaigre. Les parois de la fosse luisaient des mille feux d’une boutique Swarovski. Le cratère venait de se vidanger, offrant à la jeune laitière et au marin aguerri un spectacle féérique.</p>



<p>— J&rsquo;ai peur de ne pas comprendre. Comment l&rsquo;océan a-t-il pu se vider&nbsp;; où est passée toute cette eau&nbsp;? réussit à articuler Perrette.</p>



<p>Malgré sa longue expérience, SinBad n&rsquo;avait jamais pu admirer ce prodige de ses propres yeux. Certes, des légendes circulaient sur les navires, des histoires pour marins pas très sages. On disait que les flots pouvaient s&rsquo;assécher de temps à autre, l&rsquo;eau étant déviée par moment vers un deuxième plan d&rsquo;eau. Une idée de soudards, avait-il toujours pensé. Sauf que là, il se trouvait enfin devant le phénomène et son explication. Un bête système de vannes modifiait la trajectoire des fleuves et mers souterrains, permettant ainsi à la flotte de couler d&rsquo;un point à l&rsquo;autre du globe, voyageant et s&rsquo;oxygénant par la même occasion.</p>



<p>— Ah, ben voilà, c&rsquo;est limpide&nbsp;! fit-il à voix haute.</p>



<p>— Beuh&nbsp;! La suite de l’alexandrin n&rsquo;a rien de limpide&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Dans un sourire la fortune tu trouveras</em></p>



<p>— Je ne parlais pas de cette charade à deux balles, gente demoiselle, je pensais à <em>mister</em> Fogg. S&rsquo;il a réussi à faire le tour du monde en quatre-vingts jours, c&rsquo;est grâce au sas. Le vieux bougre doit maintenant barboter de l&rsquo;autre côté du globe. Fastoche&nbsp;!</p>



<p>Devant les yeux ahuris de Perrette, il soupira. Trop long à expliquer. Il valait mieux partir à la chasse à la risette, et vite si possible. Il n’aurait pas fallu que quelqu&rsquo;un, à l&rsquo;extrémité, décide de remplir cet océan-ci avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient découvert le magot.</p>



<p>C&rsquo;est alors que SinBad vit le premier sourire. Une apparition si éphémère qu&rsquo;il crut avoir rêvé. Il se pinça. Aïe&nbsp;! Un deuxième sourire s’esquissait sur la paroi rocheuse à côté d’eux, évanescent, une espèce de flash diaphane. Cette fois-ci, Perrette l&rsquo;avait vu aussi. Ils n&rsquo;eurent qu&rsquo;à suivre les sourires qui, sournois, se déplaçaient en clignotant comme des fous. Arrivés devant un menhir gravé — sans doute un cadeau qu&rsquo;Obélix avait perdu un jour en mer — les sourires se firent plus insistants. Pas de doute, ils avaient trouvé l&#8217;emplacement du trésor.</p>



<p>— Le chat. De. Cheshire&nbsp;! articula Perrette avec application.</p>



<p>— Oh, pauvr&rsquo;, mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle nous fait&nbsp;!</p>



<p>SinBad n&rsquo;eut guère le temps de prononcer ces quelques mots que les flots jaillirent de nombreuses cavités. La fosse abyssale se remplissait à nouveau. Pris de panique il chercha une issue qui ne fuyait pas. Le niveau de l&rsquo;eau montait à une vitesse phénoménale. Ses yeux s&rsquo;accrochèrent à un incident de parcours : un canot pneumatique le narguait dans un infernal bruit de moteur. Sur la nacelle : une cassette débordante de bijoux, pierreries et napoléons — tout ce qui doit de se trouver dans tout bon trésor normalement constitué. À côté du coffre, Perrette.</p>



<p>— Perrette&nbsp;! Attends-moi, je vais me noyer&nbsp;!</p>



<p>— Désolé SinBad, mais je n&rsquo;ai plus besoin de toi, cria-t-elle par-dessus le glouglou de l&rsquo;eau et le ronron du diesel. Vengeance personnelle, mais aussi au nom d’Ève et de toutes les femmes de la planète qui se sont fait enclumés par des petits cons machistes comme toi. Tiens, voilà la véritable et intégrale énigme, afin que tu ne meures pas complètement idiot aujourd’hui&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-center"><em>Au fin fond de l&rsquo;abysse, un trésor t’attendra.</em><br><em>Turn left and press Up, à la jonction des deux bisses,</em><br><em>Sur la crique déserte, tu accosteras.</em><br><em>Suis le chemin qui te guidera vers l’abysse,</em><br><em>Le sourire, clair, tu identifieras</em><br><em>Un radeau apparaîtra, magie du roman.</em><br><em>Puis, vraiment très vite, tout seul, tu y monteras,</em><br><em>Le pactole tu gagneras ; victorieusement !</em></p>



<p>Adieu SinBad&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La barbe</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/la-barbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 16:28:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Père Noël enjambe la tôle crénelée de la cheminée et se déchire le pouce. Vous n&#8217;émettez aucun son. Le sang goutte dans le conduit. Le ploc-ploc se dissipe sous le fratras de suie et de gravats. Les fesses du bonhomme en rouge font voler en éclat la vitre de l&#8217;âtre. Vous clignez des yeux, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le Père Noël enjambe la tôle crénelée de la cheminée et se déchire le pouce. Vous n&rsquo;émettez aucun son. Le sang goutte dans le conduit. Le ploc-ploc se dissipe sous le fratras de suie et de gravats. Les fesses du bonhomme en rouge font voler en éclat la vitre de l&rsquo;âtre. Vous clignez des yeux, raclez le fond de votre gorge, mais ne bougez pas d&rsquo;un cil. Vous attendez vos cadeaux. Nous sommes en juillet, il n&rsquo;y aura pas de cadeaux. De toute façon, vous détestez les surprises et ne croyez plus au Père Noël depuis belle lurette. Vous rembobinez votre conte et recommencez. Le vieux barbu&#8230;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;œuvre de l&#8217;emmerdeur</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/loeuvre-de-lemmerdeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 11:35:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[introspectif]]></category>
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					<description><![CDATA[Salut ! Ne cherche pas plus loin, dans cette histoire, l’emmerdeur, c’est moi ! Depuis que je squatte ici, on dit de moi que je suis l’empêcheur de tourner en rond, le faiseur d’embrouilles, le grain de sable qui fait caler le moteur. Tout ça et bien plus ! Le propriétaire du bocal glauque dans lequel je vis [&#8230;]]]></description>
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<p>Salut ! Ne cherche pas plus loin, dans cette histoire, l’emmerdeur, c’est moi ! Depuis que je squatte ici, on dit de moi que je suis l’empêcheur de tourner en rond, le faiseur d’embrouilles, le grain de sable qui fait caler le moteur. Tout ça et bien plus ! Le propriétaire du bocal glauque dans lequel je vis est devenu littéralement fou lorsque j’ai emménagé ici il y a de ça fort longtemps. D’ailleurs, le pauvre homme, il n’est pas près de me voir repartir. Enfin, pauvre, c’est un euphémisme. Grâce à moi, oui ! je le dis sans fard ni trompette, c’est grâce à moi qu’il est riche et célèbre. Enfin, moi et Stefan Simchowitz. Oui, c’est ça, le margoulin qui achète des œuvres de jeunes artistes illustrement inconnus pour les revendre à des oligarques incultes. Donc, d&rsquo;accord, c&rsquo;est lui qui a fait connaître mon uBulle au monde entier. Oui, uBulle, c’est le nom du propriétaire de mon petit chez moi cosy tout plein. C’est con comme nom ! Ceci dit, ce n’est pas son vrai nom, c’est son nom d’artiste ! Sont fous ces artistes, choisir un nom de poisson rouge. Remarque, parfois, il me fait penser à une carpe, le zigoto : des yeux globuleux complètement absents, un air niais, une bouche pâteuse. Tout pour plaire en somme. Ce nom, je ne crois pas qu’il l’ait véritablement choisi. Lorsqu’il a commencé à produire véritablement des « œuvres » (mes guillemets), il s’était mis en quête d’un pseudo créatif digne de l&rsquo;artiste qu’il rêvait d’être. Il avait d’abord pensé à « Watt ze Fück » et heureusement, je suis arrivé juste à temps pour semer la zizanie dans sa caboche. C&rsquo;est fou, je tombe toujours à pic ! D&rsquo;ailleurs, ses potes m&rsquo;adorent. Dès qu&rsquo;il y a une fête chez uBulle, je débarque. Oh, je sais me tenir, je n&rsquo;arrive pas le premier comme un provincial mal dégrossi. Généralement, j&rsquo;attends que la plus jolie demoiselle se pointe pour faire mon entrée en scène avec fracas. Je dois avouer quand même qu&rsquo;une fois sur deux ma présence la fait fuir. Ok, ok, je vais être honnête : neuf fois sur dix. Sauf si j&rsquo;arrive après quelques verres, là, va comprendre pourquoi, je suis mieux accueilli. Mais bon, c&rsquo;est dans ma nature, je n&rsquo;arrive pas à me tenir coi. Sauf avec les beaux-parents d&rsquo;uBulle. Une fois, une seule et unique fois, j&rsquo;ai tenté de montrer le bout de mon nez, mais le regard noir de beau-papa m&rsquo;a fossoyé aussi efficacement que l&rsquo;épée de Damoclès et le dédain de belle-maman fut ma pierre tombale. Tant pis pour eux, ils n&rsquo;auront donc jamais l&rsquo;énormissime chance de faire ma connaissance. À quoi je ressemble ? Et bien, imagine un petit pois qui sautille hasardeusement, se roule dans la cagade et qui l&rsquo;étale partout. C&rsquo;est moi tout craché ! D&rsquo;ailleurs, en parlant de rouler, c&rsquo;est comme ça que tout a commencé. Mon ami uBulle, alors futur artiste célèbre, travaillait avec application, la langue coincée à la commissure des lèvres, sur une de ses œuvres, un truc qui ressemblait vaguement à une suspension Ikea, hyper banale, branquignole, démodée, une lampe de merde quoi. La seule chose qui était sympa, c&rsquo;était le nom qu&rsquo;il avait choisi : Hektar ! Donc ça, je le lui laisse, c&rsquo;est sa découverte. Mais le reste ! Heureusement que, tel Zorro, je suis arrivéééééé. J&rsquo;ai commencé par rouler tous les meubles à l&rsquo;étage, vrrroum par ci, vrrrrroum par là. Ça faisait un boucan si infernal qu&rsquo;il s&rsquo;est pris une de ces migraines carabinées. Il s&rsquo;est donc couché avec un sac de petits pois congelés sur le crâne. (Quand je vous dis que les petits pois sont utiles !) Tranquillement, j&rsquo;ai arrêté de déménager et je suis descendu lui susurrer à l&rsquo;oreille quelques idées en vrac pour sa lampe : boutons de manchette, filet à papillons, lucioles, vers luisants, plumes de cul de poule, perles Swarovski… Son mal de tête s&rsquo;étant estompé, il s&rsquo;est remis au travail. Avec mon aide, cela va sans dire. Bouclé, le fil de pêche, c&rsquo;est plus joli ! Pas trop de boutons en zircon, ça fait <em>cheap</em> ! Seulement autour de l&rsquo;ampoule, les plumes ! Et surtout, surtout, juste une seule guirlande lumineuse, c&rsquo;est pas un sapin de Noël cette lampe, que dis-je, cette œuvre d&rsquo;art ! Évidemment, il a tenté de m&rsquo;envoyer bouler. « Mais tu m&#8217;emmerdes ! » éructait-il, furieux de voir ses idées sages se faire bousculer. Il avait peur, l&rsquo;andouille. Peur de passer pour un enfant mal embouché, gribouilleur à trois doigts crasseux, géniteur d&rsquo;un énième collier de nouilles. Peur de ne pas plaire. Peur de ne pas être aimé. Alors mes suggestions couillonnes, il les détestait. Il voulait être lui-même, me disait-il. Pfff ! mais l&rsquo;imbécile, lui-même, tout seul, il est inintéressant puissance dix. Après moult palabres, j&rsquo;ai réussi à lui faire entendre ma voix. Alors, il m&rsquo;a donné ma chance et m&rsquo;a laissé participer à son œuvre, que dis-je, notre œuvre ! Au final, Stefan Simchose, le marchand d&rsquo;art, a kiffé notre « Hektar » du tonnerre de dieu. Les oligarques aussi. Depuis, on travaille toujours ensemble. En fait, je ne le quitte presque plus, sauf en cas d&rsquo;alerte beaux-parents, bien sûr. Mais eux, on ne risque plus de les voir, car sa femme l&rsquo;a plaqué. Soi-disant qu&rsquo;elle ne supportait pas notre ménage à trois. Bon débarras ! On est bien tous les deux, uBulle et moi. Comment je m’appelle, au fait ? Oh, tout simplement : <em>le petit grain de folie</em>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Woody Allen</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/woody-allen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 11:25:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[social]]></category>
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					<description><![CDATA[(court métrage) 1. Int/Jour – Coffee shop new-yorkais Café typiquement new-yorkais, grands tableaux mentionnant les différentes boissons, tables hautes, confortables sofas, etc. KEVIN, un jeune homme (18-22 ans) est assis à l’une des tables rondes traditionnelles en face de SOFIA, jolie quinqua, blonde. Ils boivent un café. KEVIN J-j’ai jamais couché avec, you know, une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>(<em>court métrage</em>)</p>



<h3 class="wp-block-heading">1. Int/Jour – Coffee shop new-yorkais</h3>



<p><em>Café typiquement new-yorkais, grands tableaux mentionnant les différentes boissons, tables hautes, confortables sofas, etc. KEVIN, un jeune homme (18-22 ans) est assis à l’une des tables rondes traditionnelles en face de SOFIA, jolie quinqua, blonde. Ils boivent un café.</em></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>J-j’ai jamais couché avec, <em>you know</em>, une femme, <em>well</em>, de votre âge.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Ah ben, merci ! dites tout de suite que je suis vieille</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>N-non, non&nbsp;! Au contraire, vous êtes sublime et justement, euh, <em>well</em>, je me demandais si…</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong><br><em>(minaudant)</em></p>



<p>Si…&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p><em>You know</em>, coucher avec vous&nbsp;! Vous et moi, ensemble&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Une sorte d’expérimentation&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>N-non, non&nbsp;! euh, pas tout à fait. V-vous êtes belle et, et…</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Je vous fais de l’effet, c’est ça&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong><br><em>(rougit jusqu’aux oreilles)</em></p>



<p><em>Well</em>, arrh, euh, mhmm. Oui. Vous avez envie de savoir l’heure&nbsp;? Je peux vous donner l’heure si vous voulez&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Non, merci, ça ne m’intéresse pas. Quelle idée voyons&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Pa-pa-parce que tout à l’heure vous avez demandé l’heure. Et je me disais que peut-être vous auriez envie de savoir à nouveau&nbsp;? <em>You know&nbsp;</em>!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Mais ça, c’était avant&nbsp;! Je suppose que nous avons passé presque deux heures ensemble, donc il doit être près de seize heures. Le serveur pourra à nouveau nous renseigner, peut-être&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Non, non, on n’a pas besoin de lui. V-vous voulez pas qu’on, euh, qu’on aille ensemble quelque part&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Pour coucher&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Ah, non, euh, oui, enfin, pas tout de suite. <em>You know</em>, peut-être qu’on pourrait aller s’embrasser à Central Park d’abord&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Alors vous ne voulez plus coucher avec moi&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>S-si-si, mais, <em>well</em>, on pourrait euh, d’abord aller regarder les, euh, les pingouins&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>À Central Park&nbsp;? Mais bien sûr et pourquoi pas les éléphants roses aussi&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>OK, OK, d’accord, on y va</p>



<p><em>(il se lève)</em></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Oui, mais après, on couche&nbsp;!</p>



<h3 class="wp-block-heading">2. Ext/jour &#8211; Central Park Conservatory Garden</h3>



<p><em>Sofia et Kevin sont assis sur un banc dans une allée verdoyante bordée d’arbres centenaires. Sur un autre banc à quelques mètres, une très jeune femme et un homme, la cinquantaine, s’embrassent à pleine bouche.</em></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Vous croyez que les pigeons ont une âme&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Je m’en fiche des pigeons. Embrassez-moi&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong><br><em>(il l’embrasse sans passion)</em></p>



<p>Et les mouettes&nbsp;? Elles ont une âme, elles, non&nbsp;? Vous croyez à la vie après la mort, tout ça&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Non. Après, y a plus rien. C’est pour ça qu’il faut en profiter maintenant. Touchez mes seins, sentez comme ils sont encore hauts et fermes&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>M-m-mais pas ici&nbsp;! T-t-tout le monde peut nous voir&nbsp;! Ce couple, là, par exemple, il peut nous voir. Il nous a vus, c’est sûr. Regardez comme le monsieur nous fixe. C’est peut-être un gardien de la morale.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong><br><em>(bouche ouverte, yeux exorbités, le regard fixé sur le couple)</em></p>



<p>[…]</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Sofia&nbsp;? Que se passe-t-il&nbsp;? Qu-qu’est-ce que j’ai dit&nbsp;? Ou pas dit&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Chut&nbsp;! c’est mon mari&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Oh&nbsp;! et la jeune femme, c’est qui&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Sa pétasse&nbsp;! Oh la pétasse&nbsp;!</p>



<p>(<em>elle crie presque</em>)</p>



<p>Allez-y, embrassez-moi, pelotez-moi, faites-moi l’amour, là, ici, maintenant&nbsp;!</p>



<p>(<em>elle hurle</em>)</p>



<p>Je vais leur montrer que MOI AUSSI je peux BAISER&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>I-il vient par ici. N-n-on, cachez-moi, cachez-moi</p>



<p><em>Kevin tente de se cacher derrière Sofia. L’homme, LE MARI DE SOFIA, se lève de son banc et arrive à grandes enjambées, l’air furieux. Il s’arrête à deux centimètres du nez de Sofia. Sofia se lève et lui fait face, hors d’elle.</em></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>LE MARI DE SOFIA</strong></p>



<p>Qu’est-ce que tu fous avec ce gamin, connasse&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Connard toi-même&nbsp;! Je t’ai vu avec ta pétasse&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>LE MARI DE SOFIA</strong></p>



<p>T’as pas le droit de me faire ça, à moi&nbsp;! Avec un mioche en plus&nbsp;! Je ne sais pas ce qui me retient de te…</p>



<p><strong>SOFIA</strong></p>



<p>Arrête&nbsp;! c’est toi qui fait l’imbécile avec un tendron prépubère.</p>



<p><strong>KEVIN</strong></p>



<p>Euh, excus…</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>SOFIA et SON  MARI (ensemble)</strong><br>(à Kevin)</p>



<p>Ta gueule&nbsp;!</p>



<p><em>Kevin tente de s’esquiver, mais est rejoint par la JEUNE FILLE. Sofia et son mari continuent à s’envoyer des grossièretés en arrière-plan.</em></p>



<p class="has-text-align-center"><strong>JEUNE FILLE</strong><br>(toute gênée)</p>



<p>Salut&nbsp;! T-tu veux pas qu’on aille voir les pingouins&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>KEVIN</strong></p>



<p>S-si, si tu veux. Mais, je ne suis pas sûr qu’il y en ait ici.</p>



<p><em>Kevin et la jeune fille quittent le parc, bras dessus, bras dessous.</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Professeur Max Maximillian</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/professeur-max-maximillian/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 11:12:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
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					<description><![CDATA[Du haut du mont Al-Eakaial, le Professeur Max Maximillian, les mains dans les poches et un cigarillo au coin des lèvres, contemplait, tel Auguste son empire, le vaste champ de fouilles qui s&#8217;étalait au pied de la colline. Son équipe, composée en majorité de traîne-savate, avait creusé un puits d&#8217;accès à une nécropole souterraine, bric-à-braquement [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Du haut du mont Al-Eakaial, le Professeur Max Maximillian, les mains dans les poches et un cigarillo au coin des lèvres, contemplait, tel Auguste son empire, le vaste champ de fouilles qui s&rsquo;étalait au pied de la colline. Son équipe, composée en majorité de traîne-savate, avait creusé un puits d&rsquo;accès à une nécropole souterraine, bric-à-braquement étayé par un chevalement. Elle était sur le point de percer le dernier mur qui séparait encore les vivants des morts et qui, selon les savants calculs de l&rsquo;archéologue, promettait de mettre à jour de troublantes tablettes sumériennes érotiques et peut-être même, une série de sacrifices humains datant du paléolithique. Contrairement à certains de ses collègues, Max avait des goûts éclectiques et était capable d&#8217;embrasement, tant pour un vase antique qu&rsquo;un primitif silex.</p>



<p>Aux mouvements désordonnés de sa fourmilière en contrebas et des cris hystériques qui sortaient des tréfonds de la terre, il estima que le moment fatidique de la découverte approchait suffisamment pour qu&rsquo;il daigne descendre, lui aussi, au fond du puits.</p>



<p>À peine arrivé au cœur de l&rsquo;action, qu&rsquo;un violent tourment urinaire le fit remonter d&rsquo;urgence à la surface. Bien lui en prit, car ce fut à cet instant exact qu&rsquo;un berger évadé d&rsquo;une scène pastorale, tel un taureau aveuglé, fondit avec son quad sur la structure de l&rsquo;excavation qu&rsquo;il fit s&rsquo;écrouler dans force poussières pouacres.</p>



<p>On ne retrouva aucune antiquité dans les décombres, tout juste quelques dents cassées.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La daube en sauce</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/la-daube-en-sauce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:48:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[satirique]]></category>
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					<description><![CDATA[Commencez par découper 2 bouvreuils en 6 morceaux, éventuellement après les avoir plumés, vidés et étêtés (selon vos goûts personnels). Mettez-les à mariner dans une émulsion éburnéenne que vous aurez réalisée au préalable avec 50&#160;cl de lait de coco, 2 feuilles de curry (Kaloupilé), 1 petit piment rouge coupé en deux et épépiné et quelques [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Commencez par découper 2 bouvreuils en 6 morceaux, éventuellement après les avoir plumés, vidés et étêtés (selon vos goûts personnels).</p>



<p>Mettez-les à mariner dans une émulsion éburnéenne que vous aurez réalisée au préalable avec 50&nbsp;cl de lait de coco, 2 feuilles de curry (Kaloupilé), 1 petit piment rouge coupé en deux et épépiné et quelques grains de poivre.</p>



<p>Pendant que les oiseaux trempotent, défoliez un baby plant de yucca et hachez l&rsquo;équivalent de 5 grosses pognes d&rsquo;homme des bois.</p>



<p>Faites revenir 1 oignon émincé dans de l&rsquo;huile d&rsquo;olive, jetez le hachis de plante verte et déglacez avec 3&nbsp;dl de vin de pêche que vous aurez préalablement chaptalisé avec 2,5&nbsp;kg de sucre. Laissez caraméliser.</p>



<p>Retirez le gibier de la marinade et suspendez-les à la corde à linge pour les égoutter quelques longues minutes.</p>



<p>Ajoutez la purée caramélisée à la marinade et amalgamez le tout avec grâce. Donnez un bouillon et patientez pendant que ça refroidit.</p>



<p>Avec une louche, enlevez un peu de jus surnuméraire et extrapolez ce que vous pourriez en faire. Pendant que vous réfléchissez, armez-vous du journal régional (et profitez-en pour relire les promesses électorales) puis froissez-le avec soin. N’ayez pas peur, les palinodies de votre candidat local ne vous exploseront pas à la figure. Mettez ces boulettes de côté.</p>



<p>Dans de l&rsquo;huile d&rsquo;olive première pression, saisissez à vif les bestioles asséchées et déposez les morceaux dans une cocotte en céramique. Couvrez avec le reste de sauce.</p>



<p>Éliminez la coke, le hasch et la calamine du poêle à combustion lente du salon. Selon le principe du pollueur-payeur, versez le tout dans la benne à ordure du supermarché le plus proche.</p>



<p>Au fond du poêle, lancez quelques bûchettes que vous aurez taillées le matin même à la machette, déposez dessus les boulettes de papier journal et allumeeeeez le feu (!). Nichez la marmite au creux des braises et poireautez une dizaine d&rsquo;heures.</p>



<p>Lorsque la volaille atteint une dureté adamantine, servez sans attendre à votre belle-mère.</p>



<p>Bon appétit&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Guide touristique</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/guide-touristique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 20:25:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
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					<description><![CDATA[Café Machin Coordonnées GPS : 25.350914 x -32.460983Rue du Général Fouettard – www.CafeMachin.com – 09 14 24 22 55 Le Café Machin est une petite merveille de l’architecture mixte du dernier millénaire. Son charmant intérieur allie néo-brocantage et philipp-starckisme avec beaucoup de talent. Éloigné des circuits touristiques habituels, ce bijou regorge d’anecdotes historiques des plus remarquables. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Café Machin</h2>



<p class="has-small-font-size">Coordonnées GPS : 25.350914 x -32.460983<br>Rue du Général Fouettard – www.CafeMachin.com – 09 14 24 22 55</p>



<p>Le Café Machin est une petite merveille de l’architecture mixte du dernier millénaire. Son charmant intérieur allie néo-brocantage et philipp-starckisme avec beaucoup de talent. Éloigné des circuits touristiques habituels, ce bijou regorge d’anecdotes historiques des plus remarquables.</p>



<p>Savez-vous par exemple que la Marquise Sophie de la Feuille Plissée du Bouc rencontra ici pour la dernière fois son jeune amant, le Comte Armand de Fines Herbes&nbsp;? La plaque commémorative à l’entrée du Café Machin précise qu’il s’agissait du 16&nbsp;septembre&nbsp;163x. <em>À l’heure où nous mettons ce guide sous presse, les historiens peinent à nous donner une année exacte</em>. Selon nos propres sources, l’an&nbsp;1636 serait une probabilité envisageable.</p>



<p>La marquise et son comte passèrent un délicieux après-midi à se fondre dans le regard l’un de l’autre, tendre moment brisé par un valet mal embouché qui s’était permis d’interrompre leur tête à tête, sous prétexte que madame avait demandé l’heure.*</p>



<p>Bien mal lui en pris, car il finit empalé sur le pilier du bar, un marbre de Carrare offert par Napoléon Premier <em>himself</em> et que l’on peut admirer au Café Machin. Si vous êtes attentif, une petite trace de sang indélébile reste encore visible au pied de la colonne. Veuillez noter que les <em>selfies</em> sont interdits devant ce monument historique.</p>



<p>Le Café Machin sert d’incomparables macarons dont le parfum tagada-bambou a gagné le concours LeNôtre&nbsp;2013.</p>



<p>Une adresse à ne manquer sous aucun prétexte.</p>



<p>*<em>Erratum</em>&nbsp;: Selon nos informations de dernière minute, ce n’est pas la belle marquise qui s’enquit de l’heure, mais bel et bien son jeune amant de comte.</p>



<p>[…]</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jardin Botanique</h2>



<p class="has-small-font-size">Coordonnées GPS : 25.357634 x -32.472827<br>Boulevard Saint-Mac – www.JardinumBotani.com – 09 48 55 67 24</p>



<p>Le fabuleux jardin botanique de la ville a été conçu au XII siècle par un moine, le Frère Passeur. Herboriste, il fit importer du Moyen-Orient et peut-être même de Chine de nombreux autochtones qui eurent pour tâche de recréer le jardin d’Eden, version monacale, c’est-à-dire, sans femmes et sans pêchers.</p>



<p>Aujourd’hui, ce paradis se visite par tous les temps grâce aux voiturettes électriques mises à disposition aux entrées A, C et E (voir plan en annexe).</p>



<p>Ne manquez sous aucun prétexte le rond-point du Baobab. C’est en effet à cet emplacement exact que le Comte Armand de Fines Herbes occit le Marquis Gustave de la Feuille Plissée du Bouc lors d’un duel mémorable. Puis, le pauvre comte, alors qu’il se préparait à fêter dignement sa victoire, se prit les pieds dans l’une des racines du baobab et mourut transpercé de part en part par son épée encore couverte du sang de son opposant, le mari cocu*.</p>



<p>Signifions à nos lecteurs qui ne connaîtraient pas ce point précis de l’Histoire que la marquise se promenait bras dessus, bras dessous avec le comte son amant, tandis que le marquis embrassait à pleine bouche une jolie demoiselle, la promise du jeune comte. Par un malencontreux hasard, ils étaient tombés nez à nez au détour du baobab.</p>



<p>On susurre du bout des lèvres que les deux femmes se consolèrent très bien ensemble. Mais nous disons ça, nous ne disons rien&nbsp;!</p>



<p>*Voir aussi <em>Café Machin</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans les nuages</title>
		<link>https://alicedecastillon.com/dans-les-nuages/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice de Castillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 20:23:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courtes nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[absurde]]></category>
		<category><![CDATA[poétique]]></category>
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					<description><![CDATA[Peut-être était-ce un lundi, à moins que ce ne fût un mardi. Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg n&#8217;avait qu&#8217;une idée très vague des marques du temps. Il croyait se rappeler que l&#8217;on était en septembre, et encore, parce que c&#8217;était la fin du mois et qu&#8217;il avait eu le temps de s&#8217;y habituer. Certes, octobre aurait [&#8230;]]]></description>
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<p>Peut-être était-ce un lundi, à moins que ce ne fût un mardi. Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg n&rsquo;avait qu&rsquo;une idée très vague des marques du temps. Il croyait se rappeler que l&rsquo;on était en septembre, et encore, parce que c&rsquo;était la fin du mois et qu&rsquo;il avait eu le temps de s&rsquo;y habituer. Certes, octobre aurait pu déjà poindre son nez, mais il avait la quasi-certitude que ce n&rsquo;était pas encore le cas. Enfin, peut-être valait-il mieux demander confirmation à Danglard, son adjoint. Il était déjà 10&nbsp;h&nbsp;25 lorsqu&rsquo;il était entré dans ce supermarché. 10&nbsp;h&nbsp;25 à sa montre en toc à l&rsquo;effigie d&rsquo;Hello Kitty et 10&nbsp;h&nbsp;29 à sa montre technico-sportive hérissée de mollettes dont l&rsquo;usage le laissait perplexe. Laquelle des deux montres affichait l&rsquo;heure exacte&nbsp;? Il ne s&rsquo;en souvenait plus et cela n&rsquo;avait aucune importance. Il aimait ce bruit mat que produisait l&rsquo;entrechoc des deux montres à son poignet gauche, comme un bijou bling-bling, bien que le bruit ne ressemblât en rien à cela.</p>



<p>Il erra longtemps entre les divers rayons, ayant totalement oublié ce qu&rsquo;il était venu acheter. Le souvenir allait remonter de lui-même à la surface. ll savait d&rsquo;expérience qu&rsquo;il ne fallait pas le brusquer. La seule chose à faire était de marcher sans se presser, vider son esprit, rentrer dans une moelleuse léthargie et laisser les images venir d&rsquo;elles-mêmes. Elles allaient se cogner à ses neurones, puis repartir en douce, revenir bouillonnantes puis exploser devant ses yeux. La lueur s&rsquo;imposerait d&rsquo;elle-même.</p>



<p>Une demi-heure plus tard, il se souvint en effet&nbsp;: des petits pois&nbsp;! voilà ce qu&rsquo;il était venu chercher. Devant le rayonnage, 3&nbsp;km de boîtes de petits pois s&rsquo;alignaient avec discipline. Adamsberg ne se laissa pas désarçonner. Il parcourut des yeux chaque étiquette, allant et venant avec toute la lenteur qu&rsquo;il lui était donné, laissant son esprit au repos complet. Puis soudain, une lumière, un point de couleur rouge clignota devant ses yeux. Stop&nbsp;! C&rsquo;est celle-là qu&rsquo;il lui fallait&nbsp;! Une boîte décorée aux couleurs de Noël où un vieillard barbu et ventripotent vantait la valeur nutritive du contenu. Le commissaire eut un doute&nbsp;: avait-on enjambé octobre et novembre sans qu&rsquo;il ne s&rsquo;en rende compte&nbsp;? Décembre était-il déjà là&nbsp;? Il haussa les épaules&nbsp;: après tout, pourquoi pas, novembre n&rsquo;avait jamais été son mois préféré. Il regrettait cependant octobre, les premières feuilles mortes, la légère brume de l&rsquo;aube qui se dissipait vers le milieu de la matinée, cette ambiance fantomatique qui lui seyait à merveille.</p>



<p>Lorsqu&rsquo;Adamsberg posa son achat sur le tapis roulant, une blonde stéréotypée et manucurée lui lança une tirade qui faillit l&rsquo;endormir sur pied. Il était question de grosseur du pois, de la qualité des épices, de l&rsquo;eau de cuisson qui manquait d&rsquo;assaisonnement. Enfin, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il put extraire du flot de paroles qui se déversait sur lui. Le commissaire sourit à la mégère et lui glissa tout bas que cela n&rsquo;avait pas d&rsquo;importance puisque la conserve était destinée à Boule. Son chat. Boule aimait beaucoup jouer avec les petits pois. Et comme il s&rsquo;ennuyait au commissariat, Adamsberg avait pensé lui apporter son jouet préféré.</p>



<p>À la sortie du magasin, il eut une vision furtive. N&rsquo;était-ce pas Lucien Bonneville là-bas, à côté de la grosse voiture noire&nbsp;? C&rsquo;était le genre de véhicule que Bonneville affectionnait particulièrement. L&rsquo;homme était de très haute stature, légèrement voûté et, signe particulier, il boitillait, ce qui lui donnait une démarche très caractéristique. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs grâce à cela qu&rsquo;Adamsberg s&rsquo;était rappelé son nom. Grand — voûté — boitillant = Bonneville. Son système mnémotechnique était certes faillible. Soudain, un autre détail surgit dans le nuage de coton qui lui servait de cerveau&nbsp;: le vieux Lucien était mort depuis au moins cinq ans. Six peut-être. Mais alors, que faisait-il ici&nbsp;? Adamsberg s&rsquo;approcha de son ami qui, comme par magie, s&rsquo;évapora dans un nuage de gasoil.</p>
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